Dans Tous Les Sens
Je m’appelle Brian. J’aime les conversations qui dérapent, les gens passionnés et les récits humains.
Dans Tous Les Sens, j’invite des personnes aux parcours très différents pour discuter de ce qui les anime, les a fait grandir ou parfois vaciller. On parle de santé mentale, d’expatriation, de créativité, de musique, de sport, de souvenirs, d’amour, de deuil… et de tout ce qui surgit en chemin.
Pas de script. Pas de format imposé. Juste des conversations sincères qui prennent le temps d’exister.
Dans Tous Les Sens
Ep. 011 - L' éducation d'Alain
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Alain et Brian se remémorent les années 90 à l'Ecolint, une baffe éthylique à Avoriaz, la perte prématurée d’un père, l’absence de repères, la paternité, la gentillesse, la Seleção… et surtout, les soirées Worms au-dessus du Road Runner !
Alain
(0:00) Est-ce que tu vois les ondes quand je Paroles.
Brian
(0:03) Non, mais écoute, ça ne sature pas.
(0:04) Ok.
(0:05) C'est c'est bon quoi.
(0:06) Ok.
(0:06) Génial.
Alain
(0:07) On peut commencer
Brian
(0:08) On peut commencer.
(0:09) Très bien.
(0:10) Allez, c'est parti.
(0:11) Dans tous les sens.
(0:22) Alors, alors j'ai un 1 chien,
Alain
(0:24) je vois, on
Brian
(0:25) va peut-être l'entendre un peu.
Alain
(0:27) Ce n'est pas grave.
Brian
(0:28) Mais ça fait très plaisir de d'accueillir ici.
(0:32) Merci.
(0:33) Et tu es le le 1er invité que j'ai, qui est un ami d'enfance.
Alain
(0:37) Ah voilà.
Brian
(0:38) Donc ça fait ça fait super plaisir.
Alain
(0:40) Combien de temps qu'on se connaît
Brian
(0:42) Alors on va faire le calcul.
(0:44) On s'est rencontrés, tu sais en quelle année est-ce que tu es revenu en Suisse
Alain
(0:48) Ouais, 90, quoi, 5, non non, avant, 93.
(0:53) 93, c'est ça
Brian
(0:55) C'était on était en 9e.
Alain
(0:57) Parce que la coupe du monde 94, j'étais à Genève déjà.
Brian
(1:00) Ouais, les repères.
(1:02) Ouais, ouais.
Alain
(1:05) 92, je crois quoi, c'était vers 91, 92.
Brian
(1:08) Probablement, oui.
Alain
(1:09) Donc ouais.
(1:09) Donc ça fait 27 22 22.
Brian
(1:12) Ça fait longtemps.
(1:14) Je vais peut-être conseiller.
Alain
(1:15) Au niveau des maths c'est compliqué après un certain après un certain chiffre tu n'arrives plus ou tu ne veux pas, tu ne veux pas te rappeler.
(1:22) Ça fait très longtemps, donc ça fait toujours plaisir de de revoir les amis à Genève.
Brian
(1:27) Oui, parce qu'alors peut-être on va, on ne va pas faire ta ta bio entière, mais tu peux nous expliquer un petit peu tes tes origines et
Alain
(1:34) Mes origines, ok.
(1:36) Je suis né à Lausanne à la base.
(1:38) Oui, donc je suis C'est
Brian
(1:39) vaudois.
Alain
(1:39) Vaudois de, rivière Neuchâtel aussi.
(1:42) Ah oui.
(1:43) Je savais pas ça,
Brian
(1:43) tu vois j'apprends.
Alain
(1:44) Voilà, 25 ans.
(1:45) J'ai un père qui est suisse, mais aussi moitié danois.
Brian
(1:48) Oui.
(1:49) J'avais
Alain
(1:49) les origines danoises dans la famille.
(1:51) Et j'ai une mère brésilienne de Rio avec des grands-parents portugais, moitié Brésil et Portugal et Danemark et Suisse donc voilà.
Brian
(1:59) Ah un beau beau mix.
Alain
(2:01) Donc j'ai passé toute mon enfance en Suisse genre dans la région lausanoise à Saint-Prés.
(2:09) Et puis après, après bon après j'ai eu un père qui est décédé très jeune, donc on a on a décidé de de changer pour Rio pendant un temps.
Brian
(2:17) Et tu avais quel âge
Alain
(2:19) 12 13 ans, je suis reparti sur Rio où je suis resté à peu près un an et demi pour un peu changer les idées.
(2:23) Bon là ce n'était pas des années très au niveau étude, ce n'était pas génial, mais 10 ans.
Brian
(2:28) Parce qu'il y a 12 ans, c'est quand même super jeune pour
Alain
(2:30) passer du temps.
(2:30) Oui oui après tout s'est compliqué dans la famille que j'avais une famille qui était entre guillemets assez aisée à l'époque.
(2:37) On était dans les écoles privées et tout, puis c'est mon père qui donnait un peu le, c'était le pilier de la famille.
(2:44) Donc on avait On avait pris l'école privée à Champit et à Lausanne, on avait vraiment c'est une belle vie.
(2:50) On avait, on passait tous les nouvel an à Zermat, on avait un appartement de triplex à Rio, on avait vraiment une très belle vie.
Alain
(2:58) Puis quand elle est mort, on a tout perdu.
(3:01) Tous ces, tous commençaient un peu à se, le château de cartes a commencé à se fondre et une des idées ma mère est tombée malade aussi avec le concert.
(3:10) Donc, mais un peu décidé de m'envoyer à Rio ou après quand vous voyez que ça ne marchait pas pour continuer les études et tout je suis revenu à Genève.
Brian
(3:21) Pour récapituler, donc tu as grandi en Suisse, ton père est décédé quand tu avais 12 ans, peu de temps après, vous avez déménagé au Brésil Non moi je suis
Alain
(3:31) allé tout seul.
Brian
(3:32) Ah tout seul.
(3:34) Il y avait
Alain
(3:34) ma mère est restée en Suisse avec mon frère moyen et je suis parti au Brésil pendant un temps, enfin c'est un peu compliqué parce que j'avais le frère plus âgé que lui avait commencé un stage dans une banque au Brésil et puis je suis venu, mais je suis resté genre 6 mois avec lui.
(3:48) Après je suis resté tout seul à Rio pendant plus de 6 mois quoi.
(3:51) Donc c'était une époque un peu compliquée.
(3:55) Génial parce que tu es jeune, tu as plein de choses qui se passent et tout c'est après c'est complètement opposé les 2 pays donc c'était assez riche mais au niveau émotion, j'ai d'un côté négatif je voudrais dire c'était un peu, ce n'était pas bon parce que ça m'a un peu caché la face le fait d'avoir perdu un père en fait ça je peux, je n'ai pas fait le deuil comme il aurait dû le faire.
(4:17) Donc après quand je suis revenu en Suisse, c'est ça que tu m'as connu, qu'elle m'avait un peu ses cheveux longs et tout, le gars un peu pas rebelle, mais disons que.
Brian
(4:26) Ok.
Alain
(4:27) Normal, c'est normal pour un enfant de cet âge-là qui ait perdu son père d'avoir un peu les réactions que j'ai eues.
Brian
(4:32) Ouais.
(4:32) Ça
Alain
(4:32) aurait pu être beaucoup pire après le temps que aujourd'hui, je me rends compte que mon histoire aurait pu être beaucoup plus négative dans tous les sens du terme.
(4:40) Mais le fait ça m'a un peu sauvé, c'est sauvé, c'est un grand mot mais disons que qui m'a un peu guidé dans le bon sens, c'est le fait de d'avoir des amis, des gens dans un collège où je les ai connus, ça m'a aidé énormément, le fait le foot aussi ça m'a sauvé parce que ça m'a permis d'avoir c'est de continuer à jouer, d'être sportif, ça m'a sauvé aussi de choisir le mauvais chemin.
(5:04) Parce qu'on connaît beaucoup de gens autour de nous qui qui auront des drames familiaux aussi
Brian
(5:09) tout simplement
Alain
(5:10) et qui n'ont pas choisi les bons les bons les bonnes les bonnes routes, on fait ça comme ça.
Brian
(5:14) Et tu pars au Brésil et tu avais 13 ans,
Alain
(5:17) 12 13 ans.
Brian
(5:18) 12 13 ans.
(5:19) Peu de temps après le décès de ton père, au Brésil tu es resté combien de temps à ce moment-là
Alain
(5:23) À Rio je suis resté à peu près un an et demi 2 ans.
(5:27) J'ai appris pas mal de choses avant et ce qui a été intéressant pendant ces court temps que je suis resté à Rio, j'étais à l'école suisse ça va, école suisse de Rio.
(5:39) J'ai aussi appris qu'est-ce qui a un truc qui m'a vraiment beaucoup aidé, c'est j'ai fait du jitsu en 2 ans et j'ai appris contrôler mes émotions.
(5:52) Ils m'ont mis dans une académie un peu, il y a des, beaucoup de ces adeptes sont passés après au FC.
Brian
(6:01) Ulti le MMA.
Alain
(6:03) Oui, il y en a tous les Victor Belfort et tout je ne sais pas si tu connais.
(6:07) Ils sont passés par cet acabit où moi j'ai fait.
(6:11) Et ça m'a appris à gérer un peu mes émotions, mon énergie intérieure qui était très explosive c'est un gamin d'adolescent qui aime perdre son père forcément toi c'est il a une difficulté à gérer ses émotions.
(6:25) Ouais ouais.
(6:26) Ça m'a aidé un peu à canaliser tout ça et à suivre à suivre debout.
Alain
(6:32) Malgré un truc ça c'est un truc ça ça c'est intéressant important à le dire c'est quand tu perds quelqu'un d'aussi proche surtout un père aussi jeune c'est c'est une cicatrice qui part jamais.
(6:44) Ouais ouais ouais.
(6:45) Ça on a une fausse impression quand on est jeune surtout que les drames quand ils sont aussi violents on a la fausse impression qu'au bout d'un moment la cicatrice va partir et on va oublier ça c'est une erreur non elle sera toujours là donc il faut travailler avec soi-même pour pour voilà pour pouvoir vivre avec ça c'est partie de nous et ça sera toujours comme ça c'est vrai que des fois c'est c'est quelque chose qui te forme et puis des fois c'est pas facile des fois là, ça va mieux avec le temps.
Brian
(7:14) Parce que
Alain
(7:15) j'en ai mis beaucoup, j'ai mis beaucoup de temps justement à à le, à passer ce drame en fait.
Brian
(7:19) Quand tu dis, ça m'a mis beaucoup de temps, ça se manifestait comment C'était de l'anxiété C'était de la tristesse
Alain
(7:27) Généralement c'est des oui la tristesse aussi quand on se tourne à l'époque du Noël nouvel an quand tout le monde réunit en famille c'est là où je sens les souvenirs revenaient.
(7:38) Et ça où c'est le pire parce que tu es quand tu es normand c'était en été tout tout le monde est ensemble entre potes et puis c'était à noël nouvel an je vais où je vais voir quelle famille je vois genre on est tous genre chacun dans son coin T'as pas formant, tu as, parce que nous on avait vraiment la famille classique, c'est le nouvel an, Noël, nouvel an, on était tout le temps ensemble, c'est des grandes fêtes familiales et puis tout d'un coup tu n'as plus ça quoi.
Brian
(8:04) Et tout
Alain
(8:04) d'un coup tu te trouves à Noël chez des gens que tu ne connais pas, c'est génial mais ça fait mal d'un certain côté ça fait mal.
Brian
(8:11) FV Tu as parlé du château de cartes avant, c'est vraiment ça en fait.
Alain
(8:14) FV Oui, il y a tout qui a, en fait, c'est aussi un manque énorme dans ma formation, c'est j'ai jamais eu le conseil du père.
(8:26) Et ça, c'est un manque que j'ai.
(8:29) C'est-à-dire que dans ma formation comme humain, comme adulte, j'ai toujours jamais eu le père qui peut me conseiller, m'aider, me guider, je n'ai jamais eu ça.
(8:42) Donc des fois, c'est un peu maintenant, peut-être que j'agir avec mon petit, d'être toujours avec le maximum de présent avec lui, de l'aider, de le conseiller, de le guider et ça, ça, c'est une richesse que j'aurais, je n'ai jamais eu.
Brian
(8:54) C'est super intéressant, enfin ça ça ça me touche de d'entendre ça et c'est vrai que peut-être je ne me rendais pas aussi compte.
(9:03) J'ai le, bon moi j'ai perdu mon père plus tard, c'était bientôt 10 ans, donc j'avais 37, 38 ans.
(9:10) Mais ce que j'ai ressenti, c'est que ce que tu as dit par rapport à la cicatrice, c'est que j'avais une impression qu'on en avait enlevé une partie de moi en fait.
(9:19) Et et justement, tu ne peux pas combler ça, mais, mais encore maintenant et puis peut-être que ça t'arrive, même si ça remonte loin.
(9:29) Moi, j'ai des moments où je me, je pense à mon père, mais presque genre, ah faudrait que je l'appelle.
Brian
(9:35) Et vite, je me souviens, mais c'est surtout quand avec le sport, je regarde les twins ou les timorrow, c'est
Alain
(9:41) que je suis.
Brian
(9:42) J'ai essayé un sport avec lui et ça me fait tout de suite penser à lui.
Alain
(9:45) Non, mais mais c'est justement là où moi je n'ai pas ces ces mémoires.
Brian
(9:49) Ce que tu étais trop
Alain
(9:50) trop gentil.
(9:51) Ouais.
(9:51) Donc je n'ai pas les mémoires de jouer avec lui, de passer un moment voir un match ensemble, j'en ai très peu.
(9:58) Moi je me rappelle, c'est quand j'étais tout petit, je ne sais pas si tu te rappelles l'émission apostrophe.
Brian
(10:02) Apostrophe avec Bernard Pivot.
Alain
(10:04) Voilà, il m'obligeait à regarder ça tous les vendredis.
Brian
(10:07) Il t'obligeait à regarder.
Alain
(10:09) Il m'obligeait aussi à tous les jours faire une heure de lecture.
(10:13) Ah.
(10:13) Il y avait l'énorme bibliothèque chez nous où on habitait, puis il lui lisait ses livres.
(10:19) Lui c'était Massam Proust, Jean-Paul Sartre et compagnie et puis moi, c'était mes livres de gamins, mais il m'obligeait à lire.
Brian
(10:28) Et ça, c'est assez de se souviennent, c'est bon.
Alain
(10:30) Ça, je me souviens.
(10:31) Et je me souviens, ça, c'est un truc, c'est pour ça que je ne fume pas.
(10:34) Je me souviens tous les matins quand je me levais pour aller à l'école, il fumait son cigarette et lisait son journal avec un café.
(10:42) Et ça c'est un truc qui m'a toujours marqué et le jour où il est décédé, c'est pour ça que je n'ai jamais fumé dans la vie.
Brian
(10:50) Est-ce qu'il est mort du concert
Alain
(10:51) Concert, il fumait genre les gitanes, les profits, genre 4 paquets par jour, mais c'est normal.
Brian
(10:57) Oui, à l'époque, oui, moi, oui.
Alain
(10:58) Ils fumaient tout le temps, donc en 6 mois, c'est fini.
(11:03) Donc c'est conseil aux gens dont les parents fument.
(11:07) En fait tout pour qu'ils ne fument pas arrête de fumer.
Brian
(11:09) Ouais ouais.
Alain
(11:09) C'est un conseil pour vivre plus ou
Brian
(11:12) moins ensemble.
(11:12) C'est ce que je dis avant mon fils, la plus grosse erreur de ma vie, c'est d'avoir commencé à fumer.
Alain
(11:18) C'est vrai que ce n'est pas facile à arrêter, mais si un conseil s'est arrêté le plus vite possible.
(11:22) Parce que la boisson, tout ça, c'est plus facile à arrêter.
(11:25) Avec le temps, on a naturellement une envie d'humilier les dosages, j'espère.
(11:30) Pour certaines personnes c'est pas c'est facile mais le cigare c'est pensé envoyer le jour avec ma femme on voyait le c'est le Mad Men la chérie
Brian
(11:42) Sans dans les meetings et tout.
Alain
(11:45) Ah ça m'a ça.
Brian
(11:45) Mais ça, alors attends parce que ça m'intéresse, on va on va y revenir.
(11:48) Et juste, en fait, à chaque fois la 1re question que je pose, mais c'est le thème du podcast, c'est dans tous les sens.
Alain
(11:55) C'est ce que
Brian
(11:56) j'aime, c'est que là, on a une richesse de d'époque et tout.
(12:00) Mais c'est vrai que la 1re question, elle t'en a un petit peu parlé, c'est, et je et je connais la réponse et je me réjouis d'en parler parce que c'est un moment qui est inoubliable pour moi.
(12:11) Est-ce que tu te souviens de notre 1re rencontre Oulah.
Alain
(12:16) Je pense que les gens ont plus de souvenirs sur cette 1re rencontre comme moi-même.
(12:22) Mais voilà, c'était à l'école où j'étais dans la salle de classe où il y avait tout le monde qui était là tout et puis
Brian
(12:29) Ouais donc c'est 1991 ou 92
Alain
(12:32) je rappelle que j'avais les cheveux longs à l'époque après c'est si les gens connaissent un peu mon histoire ils vont comprendre pourquoi l'homme était méchant et les gens avaient peur de moi parce que j'avais et puis j'avais l'air un peu de les gens le gars un peu rien à foutre quoi du coup j'avais l'impression, je ne savais pas, j'aurais peur de moi au départ, c'est ça
Brian
(12:57) Ouais ouais, mais ça s'est vite estompé cette peur.
(13:01) Alors je t'ai déjà parlé de cette histoire et je pense que je l'ai répété plusieurs fois parce que ça m'a marqué.
(13:08) Mais donc c'est le le 1er jour d'école de, on était en 9e, donc ça correspond à quoi, la 1re année du du collège ou du gymnase dans
Alain
(13:17) le canton de Vaud Ouais c'est ça.
Brian
(13:19) Donc c'est une étape aussi, C'est les High School un peu, c'est la 1re année de High School un petit peu.
(13:25) Donc j'avais quoi J'avais, j'avais 15, ouais, environ 15 ans.
Alain
(13:29) Environ 15 ans.
Brian
(13:31) Et toi, tu as un an de plus.
(13:32) Oui.
(13:33) Donc, il y a déjà, il y a le fait que tu aies un an de plus.
Alain
(13:36) Oui, c'est en cause de l'histoire du Brésil.
(13:38) Ouais.
(13:38) C'était un an à Rio où je n'ai un peu rien foutu.
Brian
(13:40) Ouais, ouais, donc du coup,
Alain
(13:41) je suis arrivé
Brian
(13:42) en un
Alain
(13:42) an de retard.
Brian
(13:43) Ouais.
(13:44) Donc déjà au niveau, en plus, c'est l'adolescence, la puberté.
Alain
(13:49) Physiquement, j'étais un peu
Brian
(13:49) plus grand.
(13:50) C'est ça qui était, en fait, c'est qu'il y avait un homme dans notre classe.
(13:56) Si on était des gamins et je pense que je ne me rasais même pas, je n'avais même pas
Alain
(14:00) Mais j'avais déjà
Brian
(14:01) la barbe.
(14:01) Ouais.
(14:01) Tu avais la barbe de de 3 jours qui est probablement 24 heures pour toi,
Alain
(14:07) mais moi,
Brian
(14:08) c'est impossible.
(14:10) Donc tu avais les cheveux longs, tu avais la barbe, tu étais musclé, viril viril de de d'apparence.
(14:20) Et on était là, mais il y a un homme quoi.
(14:24) Et nous, on a 15 ans quoi.
(14:26) Enfin toi aussi tu avais juste un an de plus, c'est pas grand chose.
Alain
(14:29) Mais dans cet âge-là, ça fait une différence.
Brian
(14:31) Ça fait, ça peut faire une différence, c'est toi, je pense.
Alain
(14:34) Et moi, je n'ai eu pas le malheur, mais j'ai eu un développement au niveau, surtout au niveau capillaire, qui était plus rapide que les autres.
(14:41) Oui, forcément visuel, belle cycliste et
Brian
(14:44) en plus, c'est maintenu.
(14:45) Je regarde, tu as encore tes cheveux,
Alain
(14:48) c'est battu la même chose, il n'y a rien qui a changé.
Brian
(14:50) C'est un peu plus blanc.
(14:52) Mais disons que
Alain
(14:53) je n'ai pas perdu les, disons les
Brian
(14:55) La densité, tu as une grande densité
Alain
(14:59) capillaire.
(14:59) Ça c'est de famille ça c'est et les côtés, justement côté arabe que j'ai dans la famille.
Brian
(15:04) Ah il y a des côtés arabes.
Alain
(15:06) Ouais où justement c'est peut-être c'est.
Brian
(15:08) Egyptien un peu carré parce que tu as la tu as tu es très enfin puis la même
Alain
(15:15) vis-à-vis souvent ils ont des côtés barbe et tout ça pousse très vite et et j'ai depuis très jeune j'ai eu la barbe qui poussait très vite donc je vois rien faire c'était pas ma faute c'est pas ma faute non non
Brian
(15:25) non mais je comprends je
Alain
(15:27) comprends la situation de c'est qui ce, cette adulte Bah,
Brian
(15:30) c'est, en fait, et puis après, c'est c'est surtout, donc déjà, il y avait ce 1er aspect de, on découvre, waouh, il y a un, il y a un homme quoi dans notre classe et tu avais le visage quand même assez fermé.
(15:44) Et surtout, je me souviens qu'on était assis dans la classe et tu étais, on avait des pupitres, tu étais à ma droite.
(15:51) J'ai encore l'image, je crois que je me souviens même de ce que tu portais.
(15:54) Je crois que tu étais en short et que tu avais, bon là, je pars un peu vraiment non non non non non non non non non non
Alain
(15:58) non non non non
Brian
(15:59) non non non non non non non non non non non non non non
Alain
(15:59) non non
Brian
(16:00) non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non
Alain
(16:01) non non non non non
Brian
(16:01) non non non non non non non non non non non
Alain
(16:04) non non non
Brian
(16:04) non non non non non non non non non non non non non non non non non non
Alain
(16:06) non non
Brian
(16:07) non non non non non non non non non non non non non et tu avais les écouteurs et tu as, et donc on était en cours et il y a le le le proviseur de l'école, monsieur Herbillon-Leprince, et qui s'adresse à la classe pour la 1re fois, c'est le 1er cours.
(16:22) Tout le monde l'écoute, toi tu es sur ton pupitre, tu as la tête sur le bras avec tes écouteurs en train de
Alain
(16:30) dormir, enfin je ne pense
Brian
(16:30) pas que tu dormais, mais Et il y avait la musique des écouteurs qui ressortait.
(16:37) Je te rappelle que dans un, mais le, donc on était là, c'est un bad boy, c'est un bad boy.
(16:44) Et puis en fait, après, on a discuté avec toi, mais gars sympa.
(16:47) Et puis Alain, ceux qui ne te connaissent pas, tu es quelqu'un en or quoi.
(16:52) Enfin tu es d'une gentillesse.
Brian
(16:54) Mais c'est vrai que les les les les les appareages, oui, oui.
(16:59) Donc le souvenir de notre 1re rencontre, c'est toi, toi tu te souviens de moi ou
Alain
(17:04) Oui, je rappelle de tout le monde à l'époque, ça c'était pour moi c'était un, c'est une des meilleures années que j'ai eues jusqu'à aujourd'hui je pense.
Brian
(17:13) Ouais
Alain
(17:13) c'était au niveau amitié, au niveau connexion qu'on s'est fait entre nous.
(17:18) Après, il y a les épisodes où ma maison était envahie.
Brian
(17:21) Oui, oui, on
Alain
(17:22) ne faut pas
Brian
(17:23) en parler parce que
Alain
(17:23) C'est qu'en
Brian
(17:25) fait, on était à l'école internationale de Genève et à l'école lente et tu vivais
Alain
(17:30) En face.
Brian
(17:31) En face.
(17:32) Carrément.
(17:32) À 30 secondes à pied.
Alain
(17:33) Au-dessus du road runner, c'est ceux qui connaissent le road runner.
(17:36) Oui.
(17:37) Il était vraiment au-dessus et puis mon appartement est devenu un peu un quartier
Brian
(17:43) Ah oui c'est le q g,
Alain
(17:45) le q g tous les, mais c'était assez, je trouve ça pour moi j'adorais avoir cette, à part une fois bizarre, c'est anecdote où j'ai eu des fois des cas de filles qui arrivaient en pleurs parce que son copain
Brian
(17:56) l'avait moi je suis passé le problème d'être gentil qu'est-ce que
Alain
(18:02) je peux faire après il y avait un détail aussi j'ai toujours eu la voix hyper grave oui donc ça dépend d'un côté ça aide parce que ça va être d'avoir une certaine protection naturelle mais d'un autre côté c'est voilà c'est les gens un peu peur des fois
Brian
(18:16) mais vraiment ça a pas duré longtemps pour nous enfin dès le moment où on a discuté avec toi on l'a vu que tu étais tu étais
Alain
(18:22) cool anecdote avec ma femme ou la 1re fois qu'elle m'a eu au téléphone, elle a eu peur à cause de ma voix tellement grave.
(18:30) Elle prend, mais c'est qui ce gars Après, ça s'est calmé parce qu'elle a vu que j'étais gentille et tout.
(18:35) Donc elle a ouvert un peu sa protection au départ qu'on s'est connu elle avait un peu peur de ma voix au téléphone elle était hyper grave et tout mais c'est voilà après après c'était les équipes des années incroyables à l'école moi j'ai beaucoup aimé
Brian
(18:51) Est-ce que C'est
Alain
(18:52) vraiment une bonne bonne bonne bande de potes.
(18:55) On on jusqu'à aujourd'hui, on garde
Brian
(18:58) D'ailleurs, ce soir, on
Alain
(19:01) On va en voir 2.
Brian
(19:02) On va en voir, ouais,
Alain
(19:03) au moins 2.
(19:04) 2 éléments.
Brian
(19:05) Et ça, on a eu de la chance d'avoir cette, ouais, ces ces liens amicaux fraternels un peu, ouais, on a juste eu un bon mix de de personnes.
Alain
(19:21) C'est ce que je n'ai pas, puisque le problème justement avec avant de repartir au Brésil, tous les gens que j'ai eus, les connexions que j'ai eues à Champitay et tout, je les ai pratiquement toutes perdues.
(19:31) Et ça, c'est un peu un manque que j'ai.
(19:33) C'est toute une partie de mon enfance qui a disparu.
(19:35) Alors que là avec les colonnes, ça m'a permis de garder des connexions des gens que des amis.
(19:42) Indépendant de qui on est, de ce qu'on fait, on continue à s'apprécier, on ne se voit pas tous les jours, mais le fait de pouvoir se voir de temps en temps, ça ça fait du bien et ça on nous rougeote.
Alain
(19:54) À une époque où on était encore fan de Nirvana.
Brian
(19:59) C'était la belle époque.
Alain
(20:00) Les femmes de Stan Garden et autres.
(20:02) C'est
Brian
(20:03) quelque chose qui nous a un peu uni.
(20:06) Il y a le sport, la musique Oui.
Alain
(20:08) Le worms.
(20:09) Oui, ça c'est classique.
(20:11) Avec les noms des filles.
Brian
(20:12) Ah oui, on
Alain
(20:13) avait les noms des filles, j'allais oublier
Brian
(20:15) ça.
(20:16) Amandine, oui.
(20:17) Parce que donc, alors alors on va, on va resituer la scène.
(20:21) Donc, début des années 90, on devient pote, on a un bon groupe de potes.
(20:26) Toi, tu vis juste en face dans un appartement qui était assez dingue, enfin très, comment dire, il avait énormément de cachets, il était unique.
Alain
(20:36) Oui, puis il n'y avait pas mal d'art aussi parce que Murray collectionnait à pas mal d'oeuvres d'art et tout.
Brian
(20:40) Et il y a une anecdote intéressante, c'est que vous aviez une sculpture qui était très haute.
Alain
(20:44) Oui, qui avait plus de 2 mètres 40, un 1 truc comme ça.
(20:47) Donc le seul appartement qu'on avait trouvé dans tout Genève, qui avait un toit assez haut pour mettre cette structure, c'était là.
(20:53) Ouais.
(20:53) C'était pour une des raisons pour laquelle on avait emmagé déménager là-bas, c'est à cause de ça.
(20:57) C'est une sculpture qui est juste gigantesque et puis c'était incroyable que le fait d'être en face de l'école, de pouvoir partager cet cet appartement avec tous les les amis que j'avais fait à l'école et tout.
Alain
(21:10) Pour moi c'était une époque spéciale quoi.
Brian
(21:13) C'était, on a passé tellement de temps dans cet appartement.
(21:16) Tu vivais avec ton frère.
Alain
(21:18) Oui, il y a eu des différentes époques.
(21:20) À l'époque, ma mère était là, ma mère était restée au Brésil.
(21:25) Mon frère André qui est du milieu, c'était lui qui a le plus de temps passé avec moi.
(21:29) Après pendant un certain temps court le plus grand était passé au
Brian
(21:33) On jouait au Oui voilà
Alain
(21:36) et puis lui il est resté pas très longtemps mais après voilà après c'est c'était le gros problème de ma famille on n'a jamais on n'est jamais plus jamais rester chacun dans son chacun ensemble de quand mon père est décédé ben mère à un moment donné elle est repartie au Brésil il a eu ça c'est un côté triste la famille c'est quand mon père est mort ça elle a un peu elle est restée dans un monde parallèle.
(22:03) Ouais.
(22:03) Elle a refusé en fait dans sa tête qu'il soit décédé.
(22:07) Jusqu'à qu'elle, elle, soit décédée, elle revenait toujours à l'époque où elle était vivant.
Brian
(22:12) Ah ouais, Mais c'était c'était psychique enfin c'était.
Alain
(22:18) Disons elle n'a jamais accepté son départ et du coup du coup au moment et le problème c'est qu'à des moments ça devenait violent où elle nous elle nous culpabilisait de sa de son décès en fait.
Brian
(22:29) Vraiment.
(22:29) Ouais.
(22:30) Donc on
Alain
(22:30) a eu des, une relation très compliquée que, après elle est tombée malade, elle a eu le cancer aussi.
(22:37) Donc une relation très compliquée avec elle jusqu'à ça, jusqu'à qu'elle soit décidée.
(22:42) Donc ce n'était pas facile du tout.
Brian
(22:43) Tu en parles ouvertement et je je me souviens.
Alain
(22:47) J'ai découvert qu'on parlait des choses ouvertement et pas les garder avec soi, c'est beaucoup mieux que garder les blessures internes et les problèmes et les garder pour ça c'est la pire chose parce que c'est des bombes à retardement et du moment ça explose et là tu peux faire mal à des gens que tu aimes mon gamin par exemple un exemple pour ma femme je préfère le parler même si ça fait mal mais c'est mieux d'en parler, mieux le dire.
(23:12) Et puis voilà, c'est et puis après tu te rends compte que tu n'es pas le seul au monde à avoir des problèmes, tu n'es pas le seul au monde à avoir des familles compliquées, tu n'es pas le seul au monde.
(23:20) Et puis il y a des histoires encore pires que la tienne.
(23:23) Voilà, c'est la vie, c'est comme ça.
(23:24) Et puis il faut voir dehors en face de soi, essayer de vivre de la meilleure manière possible, même si on est tous un peu malade.
Brian
(23:32) Ouais, alors on est tous un peu bien sûr.
Alain
(23:35) On est tous un peu dérangé d'un certain côté, on a tous un problème un
Brian
(23:39) peu, voilà.
(23:39) Exactement, il
Alain
(23:40) faut accepter.
Brian
(23:41) Il y a un mot, un mot en anglais, c'est weird.
(23:43) Oui, voilà.
Alain
(23:44) Je ne
Brian
(23:44) trouve pas qu'il y a vraiment de mots en français.
(23:46) Il y a bizarre, mais ce n'est pas vraiment ça.
(23:47) Ça ne
Alain
(23:48) veut pas dire weird, c'est mieux ça.
Brian
(23:49) J'aime bien weird parce que ça ne veut pas nécessairement dire bien ou mauvais.
(23:52) C'est-à-dire, et d'ailleurs, c'est même une des questions sur le site de Dating, c'est, tu préfères le be weird or normal Est-ce que tu préfères être bizarre ou normal Moi je dis weird parce que tu as, tu es tu es, on est, on on l'est tous en fait, on a tous un truc
Alain
(24:08) Un peu, oui, ça nous, avec le temps, on est formé comme ça.
Brian
(24:11) Ouais.
(24:11) On n'a
Alain
(24:11) pas le choix.
(24:12) Ouais.
(24:13) Ça, c'est un truc détail.
(24:14) J'ai connu ma femme avant le le l'arrivée de Tinder.
(24:18) Ah.
Alain
(24:18) J'ai jamais eu l'occasion de.
Brian
(24:20) Ah waouh.
(24:23) En fait, moi, j'ai j'étais j'étais en couple quand il y avait un peu tous ces des thing sights, enfin c'est les les les applications.
(24:32) Et après quand j'étais célibataire, je me suis dit, ouais, c'est
Alain
(24:35) vrai, c'est du tout.
Brian
(24:36) Non, je me suis fait plein d'amis en fait.
(24:39) Mais ça, c'est moi, je rentrais dans la friendzone.
(24:43) Mais, mais à part ça, j'ai fait de très belles rencontres amicales.
(24:49) Mais ouais, alors attends, je reviens un
Alain
(24:52) petit peu.
(24:53) Donc, Donc Ecolint,
Brian
(24:55) voilà voilà, Worms, exactement.
(24:57) Je voulais en revenir à Worms.
(24:59) Donc, c'était l'arrivée de la PlayStation un.
(25:02) C'est ça.
(25:02) Je me souviens que tu avais acheté la PlayStation un et ça, on a passé des heures chez toi, des nuits blanches.
Alain
(25:10) Après il faut le contexte.
(25:12) On est à Genève,
Brian
(25:15) on n'est pas faux.
Alain
(25:16) On n'est pas dans une ville où la vie nocturne est aussi incroyable.
Brian
(25:19) Ouais on est on est mineur On
Alain
(25:21) est mineur, donc on n'a pas énormément de choix.
(25:23) Donc à la base, on restait beaucoup de soirées à à s'amuser à Worms et autres jeux, autres jeux.
Brian
(25:29) Ouais, il y en a, il y en a qui allaient à Worms.
(25:30) Nous, on jouait à Worms.
(25:31) Voilà.
Alain
(25:33) C'est mon frère qui me raconte qu'une histoire, il est sorti, on jouait à Worms à 8 heures du soir.
(25:37) Il est rentré genre 5 heures du matin.
(25:39) Mais je me souviens à jouer à Worms.
Brian
(25:40) Mais je me je me souviens spécifiquement de ça parce que ça a marqué André, ça a marqué comme ça.
Alain
(25:46) Aujourd'hui, il
Brian
(25:47) en parle.
(25:47) C'est, on avait fait une nuit blanche sur Worms.
(25:50) Alors Worms, tu peux nous décrire un peu le jeu.
Alain
(25:54) C'est des petits vers de terre où il y a 2 équipes, c'est ça Et chacun son, tu peux utiliser les armes que tu veux pour détruire les autres.
(26:02) Ouais.
(26:02) Puis après ce qui est marrant dans le jeu, c'est qu'ils ont des petites voix un peu drôles.
(26:13) C'était assez marrant comme style de jeu.
(26:16) Ça existe encore, il n'y a tu pas encore eu jouer.
Alain
(26:19) Tout à
Brian
(26:19) fait, absolument, il y a un peu de choses.
Alain
(26:20) Et puis le cas particulier du jeu, c'est qu'on utilisait, on changeait les noms des personnages par des les filles de l'école.
(26:29) Donc voilà.
Brian
(26:30) Maria, maman,
Alain
(26:33) voilà.
(26:33) Donc voilà, c'était assez drôle et puis on passait des grandes soirées à jouer à ça.
(26:37) On mangeait des des road runners.
Brian
(26:39) On mangeait des road runners, on jouait toute la nuit, puis on tchatchait quoi.
(26:45) Mais c'est les bons souvenirs.
(26:46) Et ton frère, je me souviens, il était sorti et puis un matin, il était là et après il nous nommait Vorms, je me souviens.
(26:52) Vorms, Vorms.
Alain
(26:54) On faisait 2 soirées, on ne faisait pas que ça.
Brian
(26:57) Non non.
(26:57) On ne sentait
Alain
(26:58) pas mal.
(26:58) Après à un moment donné, un moment à sortir parce qu'on commence.
Brian
(27:00) On a beaucoup de battus.
(27:01) Toi, tu faisais beaucoup de soirées et puis il y avait les les fameuses pâtes à la Alain.
(27:05) Voilà.
(27:05) Parce que tu avais une cuisinière, mais qui prenait 45 minutes à ce que l'eau bouge, je me souviens.
Alain
(27:10) Oui oui, c'était une vie, ce n'était pas un appartement hyper moderne, on va dire ça comme ça.
(27:15) Mais il était grand quand même.
Brian
(27:18) Il était énorme, il était énorme.
Alain
(27:19) Tout l'angle de la de l'immeuble au-dessus du restaurant était tout long.
Brian
(27:22) Oui, et puis c'était un peu arrondi, mansardé, il était vraiment très très très bel appartement.
Alain
(27:30) J'espère qu'ils l'ont réformé depuis.
Brian
(27:32) Oui parce que je me souviens que les toilettes étaient un peu Ouais c'est vieux style quoi.
Alain
(27:36) Puis le les douches, elle était surélevée.
(27:39) Ouais.
(27:39) C'est un truc un peu bizarre, mais bon, mais c'était, la situation géographique était idéale.
Brian
(27:45) Ah ouais, juste en face de l'école, mais tu es arrivé quand même.
(27:47) C'est
Alain
(27:51) le pire quand tu arrives en face, forcément tu arrives.
Brian
(27:53) Tu dis que tu t'étales tant.
Alain
(27:54) Tu dis
Brian
(27:55) que tu t'étales tant et puis en fait.
(27:57) Il y a une fois
Alain
(27:57) où j'ai bu une caïpirini à midi, je suis arrivé au moment où c'était à l'examen de maths l'après-midi où je me suis dit ça ne marche pas bien là l'alcool et les preuves, les mathématiques ça ne marche pas ensemble.
(28:12) Voilà, ne buvez pas de caille Périgna avant d'aller dans les écoles.
Brian
(28:15) Non, non, je pense que ce n'est pas recommandé.
(28:24) Toutes ces années de l'école, l'adolescence, donc toi tu en gardes des bons souvenirs.
Alain
(28:32) Ah oui, oui, des excellents souvenirs.
(28:35) Les les les kanski.
Brian
(28:37) Ah oui, les kanski, c'était génial.
Alain
(28:38) On avait fait Offrenard, on avait fait, Offrenard, on avait fait une fois.
Brian
(28:42) Alors on avait fait peut-être des, mais les les kanski, c'était à la grande Terche Saint-Jean-d'Olpes.
Alain
(28:48) Houlà.
Brian
(28:49) Ouais, ce n'est pas une station super connue d'ailleurs, maintenant, elle ne doit plus y avoir de neige là-bas.
(28:53) Ok.
(28:54) C'était assez bonne altitude, mais c'était avec le prof de sport, Alain Heckerman.
Alain
(28:58) On l'avait fait en Italie aussi, je ne vous rappelle pas.
(29:01) Alors,
Brian
(29:01) au Valgal, en fait, il y avait 2 choses.
(29:04) Il y avait les journées de ski et ça, on avait peut-être été en Italie en effet.
(29:09) Mais après, il y avait des camps de ski qui étaient pendant la les vacances de février, parce qu'en Suisse, on a toujours eu une semaine de vacances en février, on appelle ça les vacances de ski un peu.
(29:18) Et 3 années de suite, on avait fait ce camps de ski qui était organisé par notre école et ça, c'était génial.
(29:24) Ce qui est ce qui est dingue quand je repense à ces camps de ski, donc on avait 14, 15, 16 ans par là.
Brian
(29:28) C'est dans ces années-là 15, 15, 16, 17.
(29:31) On était livré à nous-mêmes là-bas.
(29:34) Ah oui, il n'y avait pas aucune surveillance.
Alain
(29:36) On n'avait pas de moniteur, rien.
(29:37) Non, on
Brian
(29:38) avait tout le monde.
(29:39) Le moniteur, il avait ski, il était, il nous laissait tranquille.
(29:43) On l'a laissé.
(29:43) Je ne sais pas si c'est une bonne idée parce que Écoute, comme j'y
Alain
(29:49) repense, on On survécu, on est là.
Brian
(29:51) On a survécu, on a on a cassé pas mal de laps, de lits.
(29:55) C'est d'été
Alain
(29:56) en hiver, je suis aussi moniteur de ski pour les groupes.
(29:59) Maintenant et là et même les gamins jusqu'à 15 16 ans, on ne laisse pas trop seul.
Brian
(30:05) Moi, je ne laisserai pas mon gamin seul.
(30:07) Enfin, ils ne
Alain
(30:09) sont pas très responsables.
(30:11) La dernière fois qu'on l'a laissé tout seul, il y en a un qui s'est déboîté l'épaule.
(30:15) Donc voilà,
Brian
(30:20) ouais, en fait, si on reste un peu dans le thème du ski, quand on est allé à, enfin je le ramène sur la table, mais on est allé à Avoria et on avait 10, 17, 17, 18 ans.
(30:35) Donc on n'était pas, on commençait à être plus âgés, c'était 1995, c'était le nouvel an 1995.
(30:42) Couleur, oui.
(30:43) Et et puis là, c'était après la découverte de l'alcool aussi.
(30:47) Oui, les premières, premières cuites un peu.
Brian
(30:52) Et on va la faire courte.
(30:54) Tu vas en parler Alain
Alain
(30:57) Oui, on était en plein avoria, nouvel an, minuit arrive, tous en train de boire les bouteilles de, il y avait surtout une bouteille de vodka qui tourne.
Brian
(31:05) Ouais alors en fait.
Alain
(31:07) Et puis tout d'un coup là on est tous au même endroit et tout d'un coup il y en a un qui disparaît, surtout ceux qui qui buvaient le plus, qui s'appelle un certain Brian qui dit ah zut, il fait froid voilà donc bon ben voilà on va faire une recherche voir où il est après lui il peut raconter ce qui se rappelle quoi on fait une énorme recherche puis on le retrouve si je me rappelle bien on t'a retrouvé dans un des immeubles à la rentrée mais c'était pas le bon immeuble.
Brian
(31:31) Non c'était pas le bon immeuble.
Alain
(31:32) D'accord donc on t'a on t'a ramené puis tu étais vraiment mal quoi.
(31:36) On a essayé de te mettre dans la douche dans la baignoire pour voir si tu tu revenais à toi et tout c'était pas c'est pas une très belle scène du coup on a dit bon on l'appelle les pompiers
Brian
(31:46) là et
Alain
(31:46) les urgences et ils sont venus et puis là on a on a peu découvert les les envers du décor des des réveillons en montagne donc c'était assez intéressant.
(31:56) Le le bon le point positif de tout ça, c'est qu'avec ça nous a un peu ramenés sur terre et avec le temps on s'est dit bon on ne peut jamais ça quoi.
(32:04) Donc on est on est venu beaucoup plus responsables avec le temps.
Brian
(32:10) Écoute, je crois que oui, on en parlait dans la voiture en venant, mais d'avoir d'avoir vécu presque un coma éthylique, ça ça m'a mis en garde par rapport à l'alcool.
(32:24) En fait, moi le le le souvenir, c'était qu'on était arrivé le 30 décembre, je crois, ou même peut-être le jour du 31, mais on était à, on avait loué un, ah mais on n'était pas ensemble.
(32:35) Toi tu étais avec ta copine à l'époque, tu avais, ah tu étais avec tes
Alain
(32:40) tes, tu
Brian
(32:41) on ne logeait pas au même endroit.
(32:42) En fait,
Alain
(32:42) je
Brian
(32:43) crois que tu étais avec Lorenzo peut-être ou
Alain
(32:45) Ouais.
Brian
(32:45) Je ne sais plus, mais, Mais on était tous sur une bande de potes à Avoriard, puis c'était la 1re fois qu'on allait tout seul, une semaine sans supervision, 17 ans et j'étais venu avec les valises et tout.
(32:58) Et en fait, j'ai une valise qui a été volée et j'avais, j'étais vraiment, j'étais furax quoi.
(33:03) Il y avait pantalon de ski, il y avait Alors ça n'excuse pas tout, mais c'est que le le contexte en fait, c'est qu'on, donc on se dit ouais, c'est le 31, on va faire la fête.
(33:13) On a commencé avec l'apéro et en fait, j'avais 17 ans, je ne savais pas comment, je ne savais pas comment me contrôler.
(33:20) Et donc on a fait l'apéro, ensuite on allait au restaurant, on a bu du vin.
Brian
(33:24) L'âge légal pour l'alcool, je crois que c'est 16 ans ici.
(33:27) Les alcools forts, c'est 18.
(33:29) Donc ils nous servent, pas de problème.
(33:31) On dessert et ça c'était l'erreur, c'est que j'ai pris un colonel sans baie citron avec de la vodka dedans.
(33:38) Je pense que
Alain
(33:38) tu te rappelles de ce que ça.
Brian
(33:39) Et j'étais déjà mal ouais, ça m'a marqué.
(33:41) Et puis après c'était la bouteille de vodka Ouais, c'est l'oracle direct quoi.
(33:46) Absolument de vodka, absolu de vodka.
Alain
(33:48) Sinon, je vais descendre Ah
Brian
(33:51) non, mais j'étais j'étais j'étais parti.
Alain
(33:53) C'est quoi, pas hors contrôle, me disant si
Brian
(33:56) Oui, il y a eu un moment en fait où j'étais dans l'euphorie de l'alcool, c'est-à-dire j'étais vraiment, j'étais au point le plus, c'est la soirée la plus incroyable et je parle aux inconnus et je parle à des anglais et on boit la vodka, c'était une euphorie.
(34:15) Et après, j'étais avec un de nos amis, Ilia, c'est, et tout à coup, ça a switché.
(34:21) C'est-à-dire tout à coup, il y a eu un peu le black-out.
(34:24) Et après, je Alors après, j'ai eu des flashs, mais ça, c'est venu après.
(34:31) Mais j'ai eu ce ce moment-là et ensuite je me réveille et je suis dans la baignoire et vous êtes en train, j'ai les habits qui ne sont pas les
Alain
(34:38) miens
Brian
(34:38) et vous m'aviez, parce que je m'étais endormi dans la neige, je je m'étais vomi dessus, j'étais j'étais, mais vraiment
Alain
(34:44) Alors tu as trouvé dans l'entrée d'un immeuble, ce qui se dit bon signe, peut-être que tu n'étais pas dans la neige
Brian
(34:49) Non, parce que le l'ami avec qui, un de nos amis avec qui j'étais, on a, il essayait de me ramener à la maison et on on, tous les immeubles se ressemblent là-bas, on était dans le mauvais.
(34:54) Et puis on t'a retrouvé dans le milieu de ton, on ressemblent, on était dans le mauvais.
Alain
(34:57) Ouais et puis on t'a retrouvé dans le milieu de ton vomi.
Brian
(34:59) Ah quelle heure.
Alain
(35:00) La tête dedans.
Brian
(35:01) J'aurais pu j'aurais pu me j'aurais pu comme Jimmy Henrique quoi, j'en vois plus.
Alain
(35:08) C'est pour ça qu'on t'a tout de suite mis dans la douche, dans la baignoire et de te revenir un peu changer ta vie d'abord et mettre dans la baignoire, voir si tu revenais un peu, pas au normal, mais Ouais
Brian
(35:19) ouais ouais ouais.
Alain
(35:20) Après bon on a vu des choses aux urgences quand les pompiers sont arrivés.
Brian
(35:24) Ouais, ouais, puis alors les pompiers sont arrivés, ils étaient en le truc de neige là, comment ça s'appelle, parce qu'il n'y a pas de route à Avoriaz, donc c'était le
Alain
(35:33) Ah oui en motoneige.
Brian
(35:34) Non pas motoneige, camion camion le track, cela.
Alain
(35:37) Ça commence, Rat-traque de pompiers avec, et de derrière, c'est assez grand, il y avait assez d'espace pour me.
Brian
(35:43) Voilà.
(35:44) C'était.
(35:44) Et et on était là-dedans.
(35:46) Alors je, moi, je ne me souviens plus de comment on est arrivé là-dedans.
(35:51) Ce que je me souviens, c'est que tout à coup, je me prends une baffe, mais d'une violence, mais d'une violence.
Brian
(35:58) C'était le pompier pour pas que je m'endorme.
Alain
(36:00) Oui, oui.
Brian
(36:01) Il m'avait filé une baffe et là, c'était waouh.
(36:03) Bon après, on ne va pas parler de ça pendant tout le podcast.
Alain
(36:06) Non mais mais cette erreur de baffe ça marche parce que j'ai j'ai fait les premiers secours maintenant pour le ski et le mettre la baffe savoir si la personne est réveillée ou pas tu la maintiens vraiment parmi nous quoi.
(36:17) Ouais.
(36:17) Parce que quand tu es dans le froid et tout la tendance c'est de t'endormir.
(36:20) Donc le me faire de faire des baffes, ce n'est pas pour
Brian
(36:23) Oui, oui, non.
Alain
(36:24) C'est voir si la personne se réveillait quoi.
Brian
(36:26) Mais c'est marrant parce que j'en ai parlé à un ambulancier et il me disait maintenant, on ne ferait plus ça parce que tu peux porter plainte en fait.
(36:33) Pour te sauver la vie.
(36:37) Je voulais mourir.
(36:38) Mais, mais l'autre chose dont je me souviens de de de cet épisode-là, c'est que mes mes amis avaient été là pour moi en fait.
(36:47) C'est que d'ailleurs, moi j'avais 17 ans, on avait 2, 3 majeurs dans le groupe, dont toi, et vous aviez pris la responsabilité en fait.
Alain
(36:55) Oui, oui, parce que j'étais un des seuls adultes.
Brian
(36:57) Ouais, vous voyez, vous étiez 2 ou 3 et c'est toi qui a, je me souviens très bien de ça.
(37:03) Les médecins ont demandé, on doit appeler vos les parents ou est-ce qu'il y a un majeur dans le groupe, donc tu as, tu as signé ou je ne sais pas, tu as
Alain
(37:12) Oui parce que tu dois être témoin.
Brian
(37:14) Tu dois être témoin.
Alain
(37:14) S'ils ont besoin de quelque chose, ils doivent t'appeler, ils doivent t'aider comme tu es le seul adulte.
(37:18) En fait oui, je me suis proposé, mais après coup, je savais que c'était tu es obligé.
(37:23) Si tu es un adulte dans la salle qui a vu la scène, surtout là-bas, tu es obligé de d'être témoin.
Brian
(37:29) Mais vous étiez vous étiez bienveillant, c'est ça, c'est que
Alain
(37:32) C'est le but de de compter amis, c'est qu'on qu'il y en a un autre qui est dans la difficulté, tu es là pour ça.
Brian
(37:36) Ouais, mais ce n'est pas ce n'est pas donné à tout le monde quoi.
(37:40) C'était, là, c'est vrai qu'on est une bande de de de potes, on part, on fait les cons et tout.
(37:45) Mais à la fin, vous étiez tous là, voilà.
(37:50) J'imagine que vous avez dû avoir les jetons aussi et de me de me voir comme ça, mais mais mais après on est resté
Alain
(37:57) On n'avait pas de téléphone à l'époque, c'est-à-dire On
Brian
(37:59) n'avait pas de téléphone, c'est ça On n'avait
Alain
(38:00) pas de téléphone comique, c'est ça
Brian
(38:13) vous me cherchez.
Alain
(38:14) Oui donc on s'est dit ok moi je l'ai je l'ai moi je l'ai direction d'appartement tout d'un coup je suis qui c'est qui t'avait retrouvé et puis on s'est organisé quoi.
(38:24) Waouh.
(38:25) C'est ce que tu es au milieu de la place ça va dans la et à vaurien en plus c'est il fait hyper froid c'est pas une place.
(38:30) Non non non non c'est
Brian
(38:32) assez haute
Alain
(38:33) donc pour partir vite en hypoper il peut terminer
Brian
(38:37) non j'avais j'étais j'avais pris ma température c'est super bas j'avais 3 pour 1000 dans le sang catastrophe quoi.
(38:45) La pire gueule de bois de ma vie, elle a duré plusieurs jours.
Alain
(38:48) Ah ouais,
Brian
(38:49) c'était genre, le lendemain je ne pouvais plus boire de l'alcool.
(38:53) Et puis pendant des mois, tous mes amis, après avoir existé bienveillant, ils venaient, ouais une petite bière, une petite vodka Bryan.
(39:00) J'étais là, non non non, je n'ai pas bu de l'alcool pendant 6 mois après.
Alain
(39:04) Ah bon, au moins ça t'a servi comme comme expérience.
Brian
(39:07) Je ne me suis pas repris de grosses grosses
Alain
(39:11) tweets depuis.
Brian
(39:11) Oui, j'ai déjà vomi, ça m'est déjà, mais ça m'a bien calmé quand même.
(39:16) Ouais.
(39:18) Bon, assez parlé de moi.
(39:21) Quand tu as parlé de ton père et le fait d'être présent pour ton fils maintenant, c'est c'est quelque chose qui est qui est important pour toi.
Alain
(39:30) Oui, j'essaie de faire avec lui ce que moi je n'ai pas vu.
(39:33) Ouais.
(39:33) Après, je ne sais pas si c'est négatif ou pas, mais ça il faut que je le découvre, mais disons que j'essaie d'être le maximum présent, j'essaie de jouer au foot avec lui, qu'on va au ski d'être avec lui, après je ne suis pas tout le temps tout le temps là, mais disons que j'essaie de
Brian
(39:47) Tu es un père très présente.
Alain
(39:48) Voilà, tu essaies de trouver Maxime toutes les semaines quand il a les jours où je suis avec lui genre les lundis après-midi les mêmes les soirs quand je vais à l'entraînement des fois je l'amène avec moi et je sens qu'on crée un lien quoi c'est important je pense que pour lui pour son futur c'est important d'avoir une certaine présence paternelle quoi.
(40:10) Ouais ouais.
(40:11) Après c'est des demandes tu vois un enfant il y a des demandes différentes entre le maman la papa et le papa la maman c'est surtout quand il a bobo et les matins le soir et puis durant la journée quand c'est le côté un peu masculin normal il veut voilà il veut le papa quoi donc ça c'est drôle la relation qu'on a créé quoi.
(40:32) Puis je sens qu'il est beaucoup plus à l'aise beaucoup plus il se sent en sécurité.
(40:37) Le fait que je sois souvent présent ça le rend beaucoup plus à l'aise et je vois dans la vie de tous les jours qu'il est beaucoup plus facile à communiquer avec les gens avec les groupes qu'il connaît pas pourquoi parce qu'il sent qu'on n'est pas loin et et qu'il est un port de ce que moi j'ai jamais eu parce que même quand mon père était vivant je voyais pas souvent
Brian
(40:58) Il
Alain
(40:59) voyageait beaucoup et tout le temps en voyage.
Brian
(41:01) Mais à notre époque, donc nous, on est on est né dans les années 70, donc on a grandi dans les années 80.
(41:08) De manière générale, les pères étaient moins présents.
Alain
(41:11) Ils n'étaient pas présents.
Brian
(41:13) Moi, mon père, je ne le voyais pas.
(41:13) Je le voyais les week-ends.
(41:15) Le soir, il est arrivé à 8 heures et demie du soir, donc on ne mangeait pas avec lui.
(41:19) On on le voyait une demi-heure avant de se coucher, puis il nous amenait à l'école.
(41:23) Et souvent, il était crevé les week-ends à cause du travail.
Alain
(41:26) Donc tu ne voyais pas souvent
Brian
(41:28) Pas énormément.
(41:30) Il était très, c'est un très bon père et comme, mais au niveau de la présence, il n'était pas très présent.
Alain
(41:37) C'est vrai, c'était la société de l'époque.
Brian
(41:39) C'est la société de l'époque et quand je pense à tous nos amis, on a
Alain
(41:43) On a même tous, on a tous voyagé énormément.
(41:45) Donc moi je vis à l'internat, je voyais je crois tous les 3 mois.
(41:48) Ouais.
(41:49) À l'époque où j'allais plus à l'internat, mais je voyais aussi tous les, c'était le week-end.
(41:53) Ou les soirs mais avant de dormir un petit peu puis le matin quand il fumait sa cigarette c'était les seuls contacts que j'ai eu avec lui puis même un truc un truc que moi je fais aujourd'hui et que eux ils ne faisaient pas c'est comme par exemple dans le sport j'avais mes petits tournois de foot le week-end mes parents ne venaient pas où j'avais mes courses et les cross country mes parents ne venaient pas
Brian
(42:16) j'allais tout seul
Alain
(42:17) et ça ça m'a marqué moi je veux plus que mon gamin à l'école de foot je veux le voir moi je n'ai rien mais je suis là je vais essayer de suivre aussi dans cette dans pas partout mais disons qu'il ait besoin de moi je sens qu'il est je suis là pour lui.
Brian
(42:34) Ouais, non, mais c'est très important.
(42:37) Ça, c'est peut-être le truc que moi j'avais avec mon père, mais que mon frère n'avait pas, c'est que moi, il venait voir mes matchs de basket.
(42:43) D'ailleurs, c'était le seul père qui venait voir les plus.
(42:46) Il n'y avait aucun parent qui venait voir nos matchs.
Alain
(42:48) C'est ça.
Brian
(42:48) Parce que ce n'est pas, au foot tu as tu as plus de parents.
(42:52) Le basket, ce n'est pas, on le sait, c'est mon père était le seul.
(42:56) Et mais c'est, moi je trouve c'est super important et puis c'est c'est c'est une envie aussi, enfin moi j'ai envie de, je n'ai pas l'impression que je le fais intentionnellement parce que je ne l'ai pas eu, mais peut-être un petit peu.
(43:11) Mais c'est juste, on, tu passes à côté de quelque chose si tu,
Alain
(43:17) ça me
Brian
(43:17) paraît être une évidence, mais Oui,
Alain
(43:19) mais pas pour eux à l'époque.
(43:21) Pas ouais.
(43:21) Et c'est ça aussi, je pense que c'est, parce qu'à l'époque, c'était le travail en 1er lieu.
(43:28) Mais Mais pour moi, c'est aussi une question de savoir qu'est-ce qui est, c'est quoi la richesse en fait.
(43:38) J'y ai pensé pendant mal de temps et quand je veux mon gamin dans la richesse, la richesse c'est justement être en famille, avoir des moments spéciaux entre papa et père et fils.
Alain
(43:49) Et pour moi, il n'y a pas de prix.
(43:52) La 1re fois que je jouais au foot, à l'école de foot, et oui, il tapait ça en ballon, il s'amusait.
(43:57) Pour moi, c'est des moments, il n'y a pas de prix à ça.
(44:01) C'est un truc que tu vas garder le reste de ta vie et personne, c'est incommensurable genre sensation.
Brian
(44:07) Absolument.
(44:07) Je
Alain
(44:07) pense ça, ça, je garantie à tous les papas que c'est des moments incroyables.
(44:12) Après il faut pas exagérer je vois les femmes qui vont c'est le meilleur non c'est pas une question d'être meilleur c'est juste qu'il est un moment spécial et que tu es là pour le voir juste ça ça peut être n'importe quoi ça peut être même au bord du lac quand il laisse une jante jette sa 1re paire pour faire du ricochet c'est un des moments d'émotion et ça il n'y a pas de prix quoi donc c'est ça j'essaie un peu de combler ce vide qui est en moi et puis lui apporter à lui aussi C'est c'est un juste équilibre.
Brian
(44:42) Oui, et puis je pense que ça va, ça va les servir dans leur vie.
(44:46) Enfin, moi je vois, je pense que quand je regarde mon fils, j'ai j'ai l'impression qu'il a, qui, même s'il a des parents séparés, il il, enfin ses parents, ses 2 parents sont là dans sa vie et puis on on
Alain
(45:01) Ils sont présents.
Brian
(45:02) Ils sont présents, on fait des activités ensemble, on je ne l'imaginerais pas autrement en fait, d'avoir ces moments de partage.
(45:11) Après, ce que ce que je vois aussi, c'est que le mien, alors donc toi, il a 6 ans ton fils.
Alain
(45:14) Oui, il allait avoir 6 ans, ça fait une semaine.
Brian
(45:16) Une semaine et puis donc là, il est il est passé un petit peu, il y a toujours mon bébé, ce bébé et puis là il se développe en une petite en une petite personne.
(45:24) Personne.
(45:25) Et c'est
Alain
(45:27) assez drôle de voir c'est qu'il commence à être son caractère, sa manière de parler avec les autres, de parler avec nous C'est marrant ça ces changements.
(45:38) Ce n'est plus un bébé, il a ses opinions, il charrie aussi ses propos d'obésité qu'il lit.
(45:45) C'est assez drôle et c'est très enrichissant.
(45:51) La relation de père fils, c'est quelque chose que je ne pouvais pas passer à côté.
(45:58) Et c'est le fait aussi que moi, j'ai pendant cette relation que j'ai avec lui, je n'ai pas eu avec mon père malheureusement.
Alain
(46:05) Parce que c'est toute une génération qui était très distante en fait.
(46:09) Et la même mère, la mère ferait présente, oui, mais le père un peu à distance, je ne sais pas si tu as eu la même sensation avec ton père, c'est qu'ils étaient tellement dans leur monde de travail, de un peu de de patron de la famille, donc ils ne permettaient pas de de venir jouer par terre, de au lego, de faire des trucs tout bêtes, mais les parents de cette génération de nos parents, ils ne faisaient pas ça.
Brian
(46:36) Non, c'est sûr.
Alain
(46:37) Et c'est marrant cette, parce que moi, quand il dessine, moi je dessine avec lui et ça, je n'ai jamais fait ça d'ailleurs.
Brian
(46:44) Non, alors je suis 100 pour 100 d'accord avec toi.
(46:46) Et puis ce n'est pas pour jeter la pierre à mes parents, mais mais quand on était à la maison, ils n'interagissaient pas vraiment avec nous, c'est-à-dire on, enfin là là j'en parle comme si c'était des mauvais parents, ce n'est pas le cas du tout.
(46:59) J'ai eu des parents très aimants, enfin j'ai j'ai beaucoup, voilà, c'est mes parents, je les aime, ils ont fait de leur mieux et puis je crois qu'ils ont bien réussi.
(47:08) Mais c'est peut-être une question de de d'époque, de société, mais ils ils ne participaient pas à un engagement avec nous.
(47:15) Moi quand je j'ai mon mon fils, enfin, là, c'est un petit peu différent parce qu'il commence à avoir plus ses amis.
Brian
(47:23) Donc des fois, il il va jouer avec ses amis, il va dans le parc ou alors il joue en ligne avec ses amis.
(47:29) Donc maintenant, les amis prennent une part plus importante, mais il y a quand même beaucoup de gens
Alain
(47:35) Il a quel âge
Brian
(47:35) Il a 10 ans.
(47:37) Il a 10 ans.
(47:37) Mais il est encore très demandeur du de de l'interaction avec moi.
(47:43) Et et puis c'est vrai que c'est des moments excellents quoi.
Alain
(47:46) Mais bon, revenons aux parents, c'était à leur époque, c'était normal d'envoyer aussi les enfants aller à l'internat.
(47:54) Oui.
(47:54) C'était totalement Ouais,
Brian
(47:56) pour toi tu l'as adopté.
(47:57) Toi tu as commencé tôt là.
Alain
(47:58) Oui, je fais chant de merde aussi de Blonès, un collège privé où il y a des internets internets en fait.
(48:03) Ouais.
(48:04) Tout petit, je ne vois pas plus combien de temps je suis resté là-bas puis après je suis resté un an ou 2 à l'internat à champiter avec des moines.
(48:11) Tu vois les parents, les fameuses scènes, une scène qui m'a marqué.
(48:18) Et puis champiquais, je ne sais pas si ceux qui connaissent, mais c'est un collège, il y a un escalier énorme à l'entrée.
Alain
(48:24) Je me rappelle un vendredi où j'attendais mes parents et tout, et tout mon qui est arrivé, c'était l'un après l'autre qui part.
(48:30) Ah ouais.
(48:31) Le collège commence à se vider, à se vider, puis tu n'as plus que toi, puis 2 3 et puis d'un coup tu as le prêtre qui arrive et tu écoutes tes parents ils ne vont pas venir.
(48:38) Tu vas rester au collège ce week-end.
(48:41) Non donc j'ai eu ces scènes là et ça ça va tu peux se
Brian
(48:44) Oh pauvre Alain quelle horreur.
(48:48) Donc
Alain
(48:51) j'ai pas eu des moments très faciles.
Brian
(48:56) Enfin moi, j'ai l'impression que tu n'es jamais parti en couille en fait.
(48:58) J'ai j'ai, enfin j'ai j'ai, la face noire, la face cachée de la.
Alain
(49:04) Non, mais
Brian
(49:04) je t'ai jamais vu genre, enfin tu n'es pas tombé dans la drogue, dans l'alcool, dans
Alain
(49:11) le dans.
(49:12) Non, non, ça, j'y pense aujourd'hui.
(49:14) Bon, j'espère que j'y arriverai pas encore.
(49:18) Mais c'est vrai que, bon, je je sais que tout le monde a un côté sombre.
Brian
(49:22) Oui, bien sûr.
Alain
(49:24) Je ne vais pas se mentir, moi aussi je l'ai.
(49:26) Et justement, quand j'ai fait, je ne sais pas, j'ai eu une séquence de choses qui m'ont un peu sauvé.
(49:32) Le foot m'a sauvé parce que je jouais à un niveau assez haut, je me mets, j'ai bien resté en forme, donc je jouais tout le temps, ce qui me maintient d'avoir un physique qui tienne.
(49:41) Après quand j'étais au Brésil, j'ai fait aussi ce le jujitsu.
(49:46) Ça ça m'a beaucoup aidé aussi à maintenir, c'est à savoir qu'il y a toujours quelqu'un qui est plus fort que toi.
Alain
(49:52) Mais je rappelle à l'époque je suis fait taper par des dans l'entraînement quand tu faisais les matchs de 2 minutes et tout par des filles qui jouaient qui étaient incroyablement fortes et tout.
(49:59) Ok d'accord.
(50:00) Ça ça m'a un peu touché et ça m'a un peu toujours éloigné de drogue et de choses et jamais ça m'a vraiment jamais attiré à part bon l'alcool comme tous les jeunes on est bête et puis on boit puis on fait des bêtises.
Brian
(50:15) C'est
Alain
(50:16) après ça vient de moi peut-être je ne sais pas j'ai toujours été dans moi j'ai toujours un truc une sorte de ligne rouge un endroit qui dit non cette ligne rouge je sais que si je la je au delà de ça il n'y a pas de retour.
Brian
(50:34) Donc c'est une conscience un peu du danger
Alain
(50:37) voilà de conscience au fond de moi j'ai si je vais là mon là mon côté mon petit diable là il va m'emporter trop trop loin et j'arriverai jamais à revenir ouais Donc il y a plein de situations qui ont été compliquées, mais j'ai toujours eu non, c'est bon.
(50:59) J'ai toujours eu un frein.
Brian
(51:01) Ouais.
Alain
(51:03) Et ça m'a sauvé.
(51:04) Après, c'est de moi aussi, c'est la partie de la personnalité.
Brian
(51:11) C'est son tempérament.
Alain
(51:12) J'ai toujours adoré le sport aussi.
(51:15) J'ai toujours quand je sortais en soirée surtout au Brésil, je préférais être dans je bois suffisamment pour être bien et puis aller à la chasse.
(51:24) Ah
Brian
(51:24) ouais, oui parce que Alain est un grand séducteur.
(51:28) Voilà, été
Alain
(51:29) dans ce côté-là un peu séducteur.
Brian
(51:32) Ouais.
(51:34) Et malin, tu es malin.
(51:35) Donc ouais
Alain
(51:36) et puis je ne vais pas boire pour juste boire et puis bourrer, non je vais boire pour être confiant et puis aller aller communiquer.
(51:46) Communiquer voilà et c'était Ça marchait bien.
(51:53) Ça marchait si bien voilà.
(51:55) Non Ça a toujours été jamais dans ce monde de drogue et tout ça.
(51:59) Tu vois, je sais peut-être que mon éducation, peut-être le collège, à l'internat, peut-être qu'il faudrait que j'y pense et puis dire qu'est-ce qui m'a vraiment permis d'être qui je suis et m'a éloigné de ces choses-là.
Alain
(52:12) Parce que maintenant, j'ai un enfant.
(52:13) Donc, je vais savoir quels sont les mécanismes qui vont lui permettre justement, toi aussi tu as un fils qui Je sais qu'un jour ou l'autre, ils vont être confrontés à ça.
(52:23) Est-ce qu'ils vont faire le pas et aller dans le mauvais côté ou au contraire avoir le mécanisme de défense et dire non, c'est bon, je préfère boire, être bourré, ils vont passer par ça et au lieu de partir dans un chemin qui est qui est compliqué.
Brian
(52:40) Oui et puis c'est c'est c'est enfin, il y a une question de tempérament je pense aussi, mais voilà, il y a des personnes qui sont peut-être plus
Alain
(52:49) Fragile.
(52:50) Je
Brian
(52:50) ne dirais pas fragiles.
(52:51) J'utilise, enfin fragile ou ça n'a pas le même effet sur chaque personne, le le le l'alcool ou la tentation ou les humoristes tu vois et tu as des personnes qui sont
Alain
(53:05) Peut-être c'était des gens qui manquent de sensations dans leur vie je vois.
(53:08) J'essaie de découvrir le pourquoi parce que par exemple aujourd'hui moi j'adore un exemple, aujourd'hui j'adore le ski.
(53:15) Mais pourquoi Parce que tu as des sensations quand tu es vraiment tu tu es en plein équilibre et tout, c'est un peu un extase, un peu une tu vois c'est un peu entre guillemets une overdose, on peut utiliser les mots.
(53:27) Ouais ouais ouais.
(53:27) Et est-ce que tu as besoin vraiment d'être sous drogue pour sentir la même chose Tu vois ou quand je suis à la plage, ça c'est bon après après en étant franc pour être quand j'étais au quand tu es au Brésil dans un bar où tu es en pleine discussion et tout mais tu connais des gens, il y a aussi une sensation de qui chimique qui se même pas même pas avant de rien de juste de parler avec quelqu'un que tu ne connais pas une attraction et tout, c'est-à-dire qu'il y a une sensation chimique qui se passe.
Brian
(54:01) Ouais, la communication non verbale par rapport à
Alain
(54:03) la question.
(54:03) Voilà qui est juste incroyable et tu n'as pas besoin de drogue pour arriver à ce stage.
(54:07) Tu vois, moi c'est ma sensation.
(54:09) Et là, c'est mon but quand je sortais dans les soirées et que je voulais connaître d'autres défis.
Brian
(54:16) Ouais.
(54:16) Ce
Alain
(54:16) n'était pas forcément de sortir avec et tout non, c'était plutôt d'avoir cette cette connexion chimique, je sais pas si tu arrives à la comprendre.
Brian
(54:23) Je je ouais je je vois en fait mais c'est Ils iront
Alain
(54:27) dans un monde parallèle, en fait, ils créent une sorte de bulle.
Brian
(54:29) Mais c'est intéressant parce que c'est, on n'en a jamais parlé, mais j'ai toujours senti que que il y avait, tu avais un 1 truc quoi, enfin quelque chose qui faisait que et d'ailleurs c'est pour ça je pense aussi que beaucoup de personnes allaient se parler, ce ce, tu vois quand tu disais les filles qui venaient à l'école, qui venaient chez toi, parler de leurs problèmes, tu, il y a il y a tu, je pense qu'il y a une question de confiance, enfin il y a, je n'arrive pas vraiment à l'expliquer, mais c'est ça, c'est que c'est sensoriel aussi.
(55:02) C'est c'est ça, c'est que tu trouves du, là, ce que tu recherches, ce qu'on peut rechercher avec la drogue ou ou l'alcool ou qu'il y ait une drogue, enfin ça.
(55:11) Toi, tu as finalement, tu arrivais à la trouver dans des choses qui sont peut-être
Alain
(55:14) Oui, dans la musique.
Brian
(55:15) Dans la musique.
Alain
(55:16) La musique, c'est un bel exemple aussi Absolument.
(55:19) Où tu peux passer un état second et avoir des sensations et des des d'émotions.
Brian
(55:23) Oui et puis nous on n'est pas musicien, mais on a on a toujours aimé la musique, on a toujours parlé de musique enfin on vivait la enfin je crois, ton frère est musicien, toi tu es tu as baigné là-dedans aussi.
Alain
(55:34) Oui oui depuis tout petit, il avait la musique dans tous les genres.
(55:37) Tous les genres.
(55:38) C'est ça qui est aussi qui est riche, c'est que les gens ils peuvent apporter des sensations différentes.
(55:42) D'ailleurs dans le train en venant sur Genève, je suis passé de musique électronique à rock et à musique brésilienne en face de 20 minutes et chaque de ces genres de musicaux m'ont donné des sensations parce qu'ils te ramènent à des endroits.
(55:56) Ah et ça ça c'est je pense que les gens dans le train qui me voyaient j'étais émotionnellement Non je ne suis pas drogué les gars je suis juste une musique qui me prend et qui me ramène à des moments juste incroyables.
Brian
(56:12) Complètement.
(56:12) D'ailleurs dans le, j'ai eu David, un des derniers podcasts que j'ai fait, il a dit il a dit un truc et ah c'était quoi C'était musique Melody is Memory ou un truc du genre, c'est que tu as, ouais ça te ramène à une époque, à un endroit, à une sensation.
Alain
(56:30) Là j'étais le dernier que j'écoutais avant de te rencontrer, c'était une école de samba en fait.
(56:36) Tous les tambours en fait à Rio, tu as le le caraval et tu as la fameuse avenue où tu as toutes les écoles de samba qui rentrent et chaque école ils ont à peu près entre 1000 et 1500 musiciens.
(56:48) Et quand tu vis ça en live près là-bas, c'est juste un truc qui te touche à vie.
(56:54) Donc à chaque fois que j'écoute ces tambours, des fois ça m'arrive, ce n'est pas souvent.
(56:58) Ça me ramène à ces époques où j'allais voir ces écoles de sambao, c'était juste une folie quoi, tu n'as pas besoin de drogue.
Brian
(57:05) Et c'est vrai que c'est c'est c'est quelque chose du Brésil aussi qui est très fort là-bas.
Alain
(57:10) Ah oui, j'ai eu des moments justement.
(57:12) Oui, en y pensant maintenant, j'ai des moments dans ma vie qui m'ont tellement marqué que j'ai plus rien de rien d'artificiel pour me pour revenir à ces sensations, ces moments, ces sensorielles très forts.
(57:25) Un moment donné, au niveau sport qui m'a marqué à vie, c'est le quand j'étais avait 7 ans, j'étais au Maracanin, voir un match du femme ego qui est mon équipe.
(57:35) Tiens, lui aussi se rappelle des choses.
(57:39) Et j'ai vu un match de Zico, il y avait, je rappelle, il y avait plus de 150000 personnes dans le stade.
Alain
(57:46) Waouh Donc quand tu vois ça en live Ah
Brian
(57:48) oui puis à l'époque il n'y avait pas des mesures de sécurité.
(57:50) Non non c'est tu
Alain
(57:50) rentrais des petits couloirs où tu es complètement écrasé où les gens ils te l'ont amené où tu choisissais pas où tu allais parce que c'est des il n'y avait pas assez de chaises.
(57:59) C'était des grands trucs en béton ou tu es resté debout tout le match mais c'était juste tu vois ça une 1re fois dans ta vie
Brian
(58:08) ça te
Alain
(58:09) touche tout le corps qui est qui est touché par ça donc ça c'est un des moments qui m'a le plus marqué dans ma vie et à chaque fois j'essaie de revenir dans les mémoires et de garder ça.
(58:19) Ouais.
(58:19) Donc il y a pas mal de de de mémoires dans ce genre-là qui m'ont marqué et qui et qui c'est pour ça que tout ce qui est truc alternatif entre guillemets je le fais pas même si des fois les gens ont essayé mais ça marche.
(58:34) Ouais non bravo quoi les joints c'est le oui oui les bang Ouais ouais.
(58:42) Les Space Cake.
Brian
(58:43) Ouais.
(58:44) Non oui oui du coup.
Alain
(58:46) Des fois j'en ai mangé sans faire exprès par le biais de filles, c'est qui sont là.
(58:51) Ouais.
(58:52) Non
Brian
(58:53) non bravo et puis c'est c'est, non, c'est une grande qualité.
(59:00) Mais c'est vrai quand je reprends un petit peu les choses qui nous lient, ouais, il y a le sport, il y a la musique, il y a l'art, on n'a pas parlé, mais le la la créativité, on a tous les 2 travaillé dans dans la vidéo, on a même collaboré un petit peu, ce sens artistique.
(59:18) Et puis maintenant, on est la la paternité d'être avec nos enfants, finalement j'ai l'impression qu'on a assez différentes choses dans
Alain
(59:27) Un peu ouais en commun, c'est des points en commun.
(59:30) Bon après toi tu es plus avec du Nord.
Brian
(59:33) Ouais ouais oui oui oui.
(59:34) Non oui, c'est en fait c'est oui.
Alain
(59:36) On a les très similitudes mais toi tu es plutôt au nord moi je suis toujours.
Brian
(59:40) Ouais c'est ça c'est ça on est le chaud et le froid.
Alain
(59:43) Le Brésil c'est un pays un peu spécial c'est tellement, le sujet en cela aussi c'est un pays qui est tellement où les émotions sont tellement fortes.
(59:52) Il n'y a rien qui est, c'est l'opposé de la Suisse dans tous les sens du terme.
(59:57) Il n'y a rien qui est qui est un peu fade ou tranquillement c'est tout à 1000.
(1:00:06) C'est en Suisse, tu t'organises dans ton calendrier, au Brésil tu vis le jour le jour.
Brian
(1:00:11) Ouais.
Alain
(1:00:12) Impossible des calendriers d'ici une semaine, c'est impossible.
(1:00:16) Donc les gens font le jour le jour.
(1:00:19) C'est 2 mondes différents.
(1:00:20) Après, tout émotionnel, les gens sont très émotionnels, les gens sont très sensoriels aussi.
(1:00:29) Donc tout ça, ça marque et ça c'est une partie de moi.
Alain
(1:00:33) Après j'ai une partie de moi qui est très suisse aussi.
(1:00:35) Ouais.
(1:00:36) Des fois c'est un peu compliqué de parce que une communique avec l'autre, mais ça c'est un pays qui est je je le dis à tout le monde, il faut au moins une fois dans la vie y aller pour le sentir et voir comment c'est.
Brian
(1:00:49) J'ai, j'ai, donc je suis allé au au Brésil 2 fois pour pour le mariage de notre ami Raphaël qui est aussi brésilien.
(1:00:56) Oui.
(1:00:57) Ça, c'était la 1re fois.
(1:00:58) Ouais.
(1:01:00) Et quand je suis allé, on ne devait pas, donc c'était à Rio, mais on devait passer par Sao Paulo et et le le vol était en retard et donc on a, j'avais raté la connexion et il n'y avait aucune information sur le prochain vol et tout.
Brian
(1:01:16) Et j'étais à l'aéroport de Sao Paulo et je je je trouvais personne à qui parler, j'étais et à un moment donné, je je fais la queue pour avoir des informations et la queue ne bougeait pas.
(1:01:31) Et il y avait, je me suis dit, mais je n'en peux plus.
(1:01:36) Comment je, il faisait chaud, je venais de 12 ans.
(1:01:39) Et et je commençais à être très très tendu, très très tendu.
(1:01:43) Et tout à coup, je je commence à observer autour de moi et les gens dans la queue, ils étaient souriants, ils dansaient, ils parlaient entre eux.
Brian
(1:01:51) Et ça m'a fait un choc parce que j'étais dans une situation que encore aujourd'hui, je ne suis, je déteste les queues, je ne supporte pas les queues.
Alain
(1:01:58) Les vieux.
Brian
(1:01:59) Et là, c'était ma 1re, la 1re fois que j'étais exposé à des Brésiliens.
(1:02:04) J'étais exposé à des Brésiliens en dehors du Brésil, mais C'est énorme moyen de Ouais, et j'étais genre, ah ok.
(1:02:12) Ouais, on est dans la queue, oui.
(1:02:14) Parlons, discute avec l'autre personne, danse et puis tu tu vas, tu vas y arriver au bichet, peut-être pas C'est quand
Alain
(1:02:20) même énorme.
Brian
(1:02:21) Ouais, tu arrives à arriver.
Alain
(1:02:23) Un des secrets au Brésil, c'est justement la bonne humeur, si tu veux obtenir les choses.
(1:02:27) Moi, je me rappelle la dernière fois, j'ai été bon, ce n'était pas l'enterrement ma mère mais disons que j'ai on devait aller de Rio à San Paolo et puis il n'y avait pas d'avion et tout puis c'était hyper cher parce que c'était le même jour.
(1:02:37) Ouais.
(1:02:38) Puis ma belle soeur elle arrivait un peu stressée au guichet là-bas pour tenir son billet et tout elle s'est énervée un peu avec le pouf gars du de la compagnie aérienne et puis moi j'ai eu bon on va le prendre dans la brésilienne et puis je commence à raconter une blague et puis le gars il commence à rigoler et puis ah ben en fait tu connais pas l'histoire puis vous êtes doux et tout ça commençait comme ça puis au bout d'un moment il avait fait quoi en fait
Brian
(1:03:01) il a
Alain
(1:03:01) trouvé une combine quand tout nouveau il est une combine quand tu prends le même jour de Rio à San Parlo c'est hyper cher donc qu'est-ce qu'il nous a fait il a pris un vol qui partait dans une autre ville mais avec une escale à son parlo.
Brian
(1:03:14) Oh waouh.
(1:03:15) Donc il a dit
Alain
(1:03:16) ah non on vous fait un enjeu, alors non escale vous allez je sais pas où et c'était moins cher en plus.
(1:03:20) Ouais.
(1:03:21) Du coup vous avez pas de bagages au moins non non c'est bon ok bah à son parlo vous descendez.
(1:03:25) Ah ok d'accord merci et tout ça dans la bonne humeur et au Brésil j'adore tu vois que le gars il est un peu lui aussi stressé tu vas à la bonne humeur tu lui raconte tu vas dans son stream et tout comme on dit tu parles par son nom et ça en Suisse ça marche peut-être avec les vaudois je l'ai fait plusieurs fois et ça marche super
Brian
(1:03:47) bien mais tu
Alain
(1:03:48) dois parler avec leur langue tu dois parler avec le l'accent local et ça je le fais une fois j'ai fait avec ma femme et ça marchait super bien parce qu'elle cherchait des apparts c'est la peau avec son accent portugais brésilienne et tout je crois qu'elle a fait genre 30 appartements.
(1:04:03) Avant Moi j'ai fait 2 appartements.
(1:04:07) J'ai sorti l'accent suisse et tout de suite le lendemain les gars monsieur Bourgeois voulait pas cet appartement d'accord parce que j'avais pris l'accent suisse et ça c'est un peu le ça ça met les gens un peu dans leur monde ça les rassure.
Brian
(1:04:22) C'est c'est et puis c'est une bonne conclusion.
(1:04:24) J'aurais, on n'a même pas parlé de foot, mais un petit peu du quinquennat, mais on refera un podcast.
(1:04:30) Mais j'ai ces petits actes, en anglais on dit actes of c'est des des petits moments d'interaction de vue de la vie de tous les jours.
(1:04:39) C'est c'est petit, pour moi c'est très très important et je ne le fais pas, enfin je je n'essaie pas de de de manipuler ça pour avoir ce que je veux, mais est de constater que finalement, quand c'est plus facile.
(1:04:54) Et puis finalement, les choses, tout à coup, tu as un problème.
Alain
(1:04:58) Après, il faut se rendre compte que on n'est pas seul au monde.
(1:05:01) On n'est pas unique, on est juste une personne comme les autres.
(1:05:03) Et puis le fait de respecter les autres ça aide.
(1:05:06) Voilà je me suis marié plusieurs fois à Londres par exemple je je loupe toujours ma femme elle croit que j'ai une 1 amante à Londres.
(1:05:11) À chaque fois que je prends un vol via I flow, je loupe la connexion et à chaque fois je vais rester le holidaying et comme les gars.
Alain
(1:05:19) Coup je suis tellement habitué que j'arrive déjà 16 d'arriver au portique tu sais qu'il y a passé un truc qui va pas passer donc les autres qui sont avec moi ils disaient de passer moi je dirais que au cliché parce que je sais que et puis la dernière fois la 1re fois que ça m'est arrivé j'étais tellement énervé puis non si j'arrive énervé comme ça la pauvre la dame de british awards elle va stresser encore plus elle va tout faire pour donc j'ai fait un petit tour Calner, puis je suis revenu grand sourire.
(1:05:47) Ouais.
(1:05:48) Et c'est comme ça, je pensais.
(1:05:49) Ouais, c'est vrai qu'au foot, on lui parle du foot.
Brian
(1:05:51) Si ça te dit parce que là, j'ai les amis qui vont arriver.
Alain
(1:05:54) Ouais, ouais, tranquille.
Brian
(1:05:55) Nos amis, pardon.
(1:05:57) Mes amis, ça allait
Alain
(1:05:57) bien.
(1:05:58) Non, Michael.
Brian
(1:06:00) Mais c'est super cool Alain.
(1:06:03) Et puis si, c'est, ce qui est toujours cool, c'est de découvrir, c'est ça, c'est que je te connais depuis 20, plus de 20 ans et puis je je découvre des choses et ce que j'ai, c'est ce que j'aime beaucoup avec ce podcast.
(1:06:16) Et ce moyen de communiquer, c'est que je ne sais pas, ça Ça ouvre.
(1:06:20) C'est naturel, c'est une discussion naturelle, mais ça c'est comme ça ouvre quelque chose en plus.
Alain
(1:06:25) Ouais.
(1:06:26) Nickel, moi aussi je ne suis pas content de parler comme ça.
(1:06:28) Après ça me redécouvre des choses de moi-même que j'avais oublié.
Brian
(1:06:33) Bah écoute, à à continuer À méditer à méditer Oui, prochain épisode avec Alain juste pour vous pour terminer le le la la c'est le C'est un autre chapitre.
(1:06:46) Ça, c'est un
Alain
(1:06:47) autre chapitre.
(1:06:48) C'est
Brian
(1:06:49) un autre chapitre.
(1:06:50) Ça, c'est une autre histoire.
(1:06:51) Alors, alors on va quand même terminer sur quelque chose de
Alain
(1:06:56) positif, le meilleur souvenir de l'équipe du Brésil.
(1:06:58) Pour toi.
(1:06:59) 2002 toi FV
Brian
(1:07:09) Oui, oui.
(1:07:09) FV Oui, oui.
(1:07:10) FV
Alain
(1:07:10) Oui, oui.
(1:07:11) FV Oui, oui.
(1:07:11) FV C'était la 1re fois que j'ai vu le Brésil gagner là.
Brian
(1:07:13) FV Ah, c'est juste je me souviens On était au jardin.
Alain
(1:07:17) Bajo a loupé son penalty et le Brésil a gagné sa coupe du monde pour la 4e fois.
(1:07:23) C'était la 1re fois que j'ai vu et c'était spécial.
(1:07:26) Après la 2e la 2002 aussi.
(1:07:28) Je rappelle parce qu'à l'époque c'était c'était au Japon et c'était un peu j'étais en boîte de nuit bien sûr ça c'est typique Brésil ça.
(1:07:36) Boîte de nuit tout le monde sort, boit et d'un coup ils arrêtent la musique, ils mettent l'écran et puis c'était
Brian
(1:07:44) incroyable j'ai
Alain
(1:07:44) j'ai pas dormi toute la nuit quand j'étais dans les en délire total quoi mais dans l'encad c'était plus spécial parce que c'était plus difficile de 2002 je m'y attendais déjà avec l'équipe qu'ils avaient.
Brian
(1:07:57) Ouais, ouais.
Alain
(1:07:57) C'était compliqué de ne pas gagner ces coupures, mais voilà.
(1:08:00) Et on
Brian
(1:08:01) ne parlera pas de 98, mais on était ensemble.
Alain
(1:08:04) Et un
Brian
(1:08:04) et 2 et 3 0.
(1:08:07) Non, mais bon, vous avez les 5 étoiles, nous, on en a 2.
(1:08:11) Ce n'est pas grave.
(1:08:13) Alain, merci beaucoup.
Alain
(1:08:15) Merci à toi.
Brian
(1:08:16) Et à bientôt.
Alain
(1:08:17) Oui, à plus à la prochaine.
Brian
(1:08:19) Dans tous
Alain
(1:08:24) les sens.