Dans Tous Les Sens
Je m’appelle Brian. J’aime les conversations qui dérapent, les gens passionnés et les récits humains.
Dans Tous Les Sens, j’invite des personnes aux parcours très différents pour discuter de ce qui les anime, les a fait grandir ou parfois vaciller. On parle de santé mentale, d’expatriation, de créativité, de musique, de sport, de souvenirs, d’amour, de deuil… et de tout ce qui surgit en chemin.
Pas de script. Pas de format imposé. Juste des conversations sincères qui prennent le temps d’exister.
Dans Tous Les Sens
Ep. 007 - La voix de Charlotte
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Arrivée à Genève il y a dix ans, après avoir quitté Paris, Charlotte partage son expérience d’adaptation à une nouvelle culture, son lien profond avec la langue des signes – sa langue maternelle – et son engagement en faveur des droits des personnes en situation de handicap.
Entre anecdotes personnelles et réflexions profondes, Charlotte exprime ses convictions avec sincérité et humilité, revenant sur le parcours qui l’a conduite au poste de directrice adjointe du pôle Handicaps de l’État de Genève. Elle nous invite à repenser notre rapport à l’inclusion et à l’égalité, tout en montrant comment de simples gestes du quotidien peuvent transformer la vie des autres. Un échange vibrant, empreint d’émotion et d'humanité.
Brian
(0:00) Charlotte, bienvenue dans tous les sens.
Charlotte
(0:02) Merci Brian.
Brian
(0:04) Une fois n'est pas coutume, j'ai eu des problèmes de configuration.
(0:07) Donc on est resté coincé pendant une demi-heure, mais on a trouvé une solution.
(0:12) Enfin j'espère.
(0:14) On verra.
(0:25) On va parler un petit peu de plusieurs choses avec le temps qu'on a, mais tout d'abord est-ce que tu te souviens de notre 1re rencontre
Charlotte
(0:33) Je me souviens du contexte, je ne sais pas si je peux dire vraiment l'instant, le moment d'une rencontre, mais en tout cas le contexte oui.
(0:40) Et je me souviens de ce que j'ai pensé en te voyant.
(0:46) La 1re impression, souvent elle est importante.
(0:48) En tout cas, moi je je m'y attache beaucoup.
(0:50) Je crois qu'on a beaucoup d'informations qui arrivent à ce moment-là, souvent qu'on veut mettre de côté et et je veux de plus en plus en peut-être en en vieillissant ou en devenant plus sage, je ne sais pas, j'y prête davantage attention.
Charlotte
(1:05) Et en tout cas, ce que j'ai, ce que j'ai ressenti quand je t'ai vu, c'est quelqu'un qui est entier, bienveillant, gentil, sympa et qui ne sera pas ambigu.
(1:23) Voilà une simplicité.
(1:26) Au moins, c'est c'est là, tout est là.
(1:28) C'est comme si voilà, Brian, toi, tu ne triches pas, voilà, c'est ça.
Brian
(1:31) Je suis transparent, je suis assez transparent.
Charlotte
(1:33) Oui, oui, oui, mais, mais, mais ce n'est pas, voilà, ce n'est pas si courant de rencontrer des personnes comme ça.
(1:39) Puis quelque chose d'assez posé tout en en ayant, je me rappelle, voilà un peu le stress aussi que que tu avais quand tu étais dans cette agence de communication.
Brian
(1:49) Oui, donc pour pour le contexte, donc on s'est rencontré dans une agence de communication, toi tu avais été embauchée en tant que salarié, Ton poste, c'était quoi d'ailleurs
Charlotte
(1:59) J'étais account manager.
Brian
(2:01) Ok.
(2:01) Oui.
(2:02) Et moi, je louais un espace dans cette agence, mais voilà, je j'avais aussi des mandats au au sein de l'agence.
(2:09) On n'a pas été beaucoup en contact, mais j'ai aussi ressenti très rapidement que j'allais m'entendre avec toi.
(2:16) J'ai j'ai aussi senti de la bienveillance, de la douceur, j'imagine que c'est quelque chose tu entends assez souvent.
Charlotte
(2:22) Souvent oui.
Brian
(2:23) Une présence rassurante.
Charlotte
(2:26) C'est des c'est des adjectifs qu'on qu'on voilà qu'on me donne souvent en me qualifiant.
Brian
(2:32) Ça t'énerve un peu ou ça te convient
Charlotte
(2:34) Non non, mais en fait il y a, non non c'est c'est je pense que c'est réel, mais je ne suis pas si douce que ça.
(2:41) C'est-à-dire que oui, au fond, ça, ça, il n'y a pas forcément toujours cette douceur.
(2:46) Je ne suis pas quelqu'un de douce, en tout cas envers moi-même, envers les autres, oui.
(2:50) Par contre, je pense que je j'aime beaucoup l'humain en général, les gens.
(2:54) Oui j'ai cette douceur avec l'autre parce que je je je voilà, je me dis toujours que ça va être un partage, une richesse quand il y a des belles rencontres qui qui se font.
Brian
(3:03) Je me souviens que, parce que c'était dans, alors l'agence elle s'appelait une agence, l'agence une.
(3:10) 1, voilà.
(3:12) Et c'est là-bas que j'ai appris que j'allais être pair.
Charlotte
(3:16) Oui, je me souviens de cette discussion aussi.
Brian
(3:18) Il semblait qu'on avait eu une discussion là.
(3:20) Tu te souviens
Speaker 3
(3:21) Oui oui oui, je
Charlotte
(3:21) me souviens.
(3:22) Tu avais l'air en tout cas assez enfin heureux, serein, avec beaucoup de questionnements, mais à la Bryan finalement, c'est ce qui te caractérise aussi le questionnement et c'est moi ce qui m'intéresse aussi chez chez toi probablement.
(3:36) Souvent en fait on discutait, quand il y avait plus grand monde dans l'agence, moi à ce moment-là je n'avais pas encore d'enfants non plus.
(3:42) Et effectivement, c'était souvent plus tard le soir.
(3:47) Et c'est là, voilà, c'est il y avait ce côté un peu ouvert aussi.
Charlotte
(3:50) Il y avait la possibilité de d'échanger davantage sur nos vies parce que la journée, on était plus dans l'agence et on était effectivement du même côté, installés du même côté.
(3:58) Donc ça aidait
Brian
(4:00) C'est vrai.
(4:01) À l'échange.
(4:02) C'est vrai, j'avais oublié ça, on était du même côté.
Charlotte
(4:03) Oui, je me rappelle très bien, casquette vissée sur sur
Brian
(4:07) la tête, c'était
Charlotte
(4:08) toi et moi j'étais à quelques à quelques mètres à ta droite, oui.
Brian
(4:13) Donc toi, à ce moment-là, tu tu venais d'arriver dans la région Genevoise.
Charlotte
(4:18) Oui, moi je venais de Paris, j'ai j'ai j'ai quitté mon poste à Paris pour suivre mon ex-mari qui avait été muté à Genève.
(4:28) Même si c'est un vrai choix qu'on a qu'on a fait à l'époque, ce n'est pas quelque chose de subi du tout puisqu'il a été muté à Genève, mais on a eu le choix en fait entre plusieurs destinations, le choix entre Dubaï, Bruxelles et Genève.
(4:45) Et Dubaï, j'ai j'ai complètement mis de côté, ça ne me ressemblait pas tellement.
(4:50) Bruxelles, j'avais une hésitation, donc on y est allé plusieurs fois et Genève et Genève vraiment, ça a été pour moi évident.
(4:58) Alors la majeure partie des gens qui arrivent à Genève disent ah, mais c'est une qualité de vie incroyable, la la la mer non pardon, le lac, la montagne, voilà, il y a une belle qualité de vie de la nature, et caetera.
Charlotte
(5:10) Moi, ce n'est pas ça qui m'a séduit.
(5:13) C'est surtout la, la, la cordialité et un certain respect, même si effectivement, les genevois ne sont pas les plus réputés pour être respectueux.
(5:23) Mais moi, venant de Paris, j'ai vraiment vécu ce ce décalage positif en me disant, mais enfin, je vais pouvoir ne plus être dans une jungle comme c'était le cas à Paris, même si j'ai adoré Paris sous ses angles artistiques et culturels.
(5:39) Mais voilà, je vais pouvoir être avec en contact avec des personnes qui se respectent un peu plus, qui se considèrent un peu plus.
(5:45) Et voilà, ça m'a beaucoup plu et puis la taille, la taille de de la ville me plaisait aussi.
Charlotte
(5:51) Mais c'était effectivement, j'avais cette, j'avais conscience que c'était une nouvelle culture, un nouveau pays et que malgré la langue commune qu'on qu'on avait, c'était vraiment un nouveau monde.
(6:04) Ça, j'avais vraiment conscience de ça.
Brian
(6:06) Cette impression que tu avais avant de venir, elle s'est confirmée et aussi avec les années.
(6:11) Est-ce que tu as découvert un peu des des choses différentes
Charlotte
(6:14) Non ça se confirme, j'ai j'ai vraiment eu un coup de coeur pour pour Genève et la Suisse en général, parce que plus je voyage et plus je j'apprécie la Suisse.
Brian
(6:23) Est-ce que c'était difficile au niveau social un petit peu de
Charlotte
(6:27) Non, pas du tout.
(6:28) J'ai eu la chance de voyager beaucoup avant en fait.
(6:32) J'ai j'ai vécu dans plusieurs pays, j'ai vécu en Espagne, en Grèce, en Ukraine et en France évidemment et et du coup non, c'était pour moi de nouveau une nouvelle adaptation, mais avec une langue en plus commune donc plus simple pour moi, plus simple que l'Ukraine par exemple où là j'ai dû apprendre le russe notamment.
(6:51) Mais non non, ce n'était pas, ce n'était pas si compliqué que ça.
(6:54) Et puis j'avais vraiment cette cette volonté de m'intégrer.
Charlotte
(6:57) Ça, c'était important parce que je savais que je devais faire mes preuves et que personne ne m'attendait ici et que c'était à moi d'aller vers vers les jeunes voix en fait, vers ceux qui qui voilà, qui animent cette ville.
(7:10) Et donc j'ai j'ai commencé par du bénévolat et je pense que le fait de de montrer qu'on a envie d'apprendre qu'on ne sait rien, qu'on a envie de comprendre aussi et puis de s'intéresser à la vie locale, je pense que c'est ça qui a fait que ça s'est bien passé.
Brian
(7:30) Tu as parlé de de langues, tu nous parler un petit peu des des langues que tu parles et voilà il y en a une 1 peu, je n'ai pas le bon mot spécial, mais en tout cas qui suscite l'intérêt, c'est le langage des signes.
Charlotte
(7:46) Oui, oui oui.
(7:47) Alors pourtant quand je suis arrivé pour l'anecdote, quand je suis arrivé à Genève et que je passais des offres, enfin pardon des des des entretiens pour trouver un travail, on m'a fait comprendre que le les différentes langues que je parlais n'étaient pas très utiles.
Brian
(8:01) Ah ouais.
Charlotte
(8:02) Oui, parce que je, voilà, je l'espagnol, l'anglais, le russe et la langue des signes effectivement, mais je ne maîtrisais pas l'allemand notamment.
(8:11) Donc ça, c'était c'était un manque ni l'italien.
Brian
(8:14) Oui, mais si parles anglais, est-ce que tu as besoin de savoir parler allemand
Charlotte
(8:17) Alors j'avais besoin de de l'allemand oui pour le poste que j'exerçais dans les communications puisqu'on avait effectivement des clients qui étaient sur, voilà, sur toute la Suisse et et notamment voilà, qui pouvait, je pouvais avoir besoin de
Brian
(8:29) l'allemand.
Charlotte
(8:30) Mais non non, la langue des signes, pareil, on m'a fait comprendre que ça ne servirait pas à grand-chose.
Brian
(8:33) Donc ça
Charlotte
(8:34) n'a pas été valorisé plus que ça.
(8:36) C'est aujourd'hui finalement que j'arrive à le valoriser dans dans mon travail.
(8:40) Effectivement, donc moi, la langue des signes, c'est c'est la langue maternelle.
(8:44) Quand on dit langue maternelle, normalement c'est la langue de la mère.
(8:47) Ma mère n'est pas sourde, mais on a grandi effectivement, j'ai eu une fratrie, donc un 1 soeur et puis un 1 frère par alliance qui qui donc les 2 sont sourds.
Charlotte
(9:02) Et puis la langue des signes, en fait, c'est une langue que j'ai depuis toute petite parce que c'est génétique dans notre famille.
(9:08) Mes grands-parents étaient sourds.
(9:11) J'ai une, voilà, nous, un oncle, une tante, une cousine, voilà, ma soeur qui sont sourds et j'aurais pu avoir un enfant sourd qui bon finalement est entendant.
(9:23) Mais c'est un gène qu'on a et que lui peut se transmettre aussi à son tour.
Brian
(9:28) Donc ta mère n'est pas sourde Non.
(9:31) Ton père l'est
Charlotte
(9:32) Mon père ne l'était pas.
(9:33) Alors moi j'ai perdu mon père quand j'étais petite, quand j'avais 5 ans et demi, mon père ne l'était pas.
(9:38) En fait la surdité elle est vraiment du côté maternel dans la famille de ma mère.
(9:43) Typiquement, ma mère avait 2 soeurs, l'une d'entre elles était sourde, enfin est toujours sourde pardon.
(9:51) Donc voilà, c'est c'est c'était la langue qu'on parlait à la maison puisqu'il y avait des personnes sourdes à la maison, ma soeur et mon et mon frère et et que du coup on s'ajustait en fait.
Charlotte
(10:02) On adaptait la langue quand ils étaient là à eux finalement pour que eux aient accès à tous à tous les dialogues.
(10:09) Donc oui c'était c'était la langue, c'est pour ça que je dis langue maternelle parce que ma mère parlait cette langue quand elle s'adressait à moi et à ma soeur.
Brian
(10:16) Donc pour communiquer maintenant avec ta soeur Oui.
(10:22) Et tu as ton frère aussi.
(10:23) Oui.
(10:25) Mais vous ne vivez pas au même endroit un peu, comment ça, comment ça se passe
Charlotte
(10:29) Alors on communique par par écrit et puis sinon on fait des des visios tout simplement.
(10:35) Et là c'est vrai que de nouveau on parle en langue des signes.
(10:39) Malheureusement, ils sont loin.
(10:41) Voilà mon mon mon frère vit à l'ouest de la France et ma soeur vit aux États-Unis.
(10:49) J'ai aussi une, voilà une demi-soeur qui est aussi à l'ouest de la France.
Charlotte
(10:53) Mais non, voilà, quand on se voit, on parle en langue des signes, c'est vraiment une langue que je retrouve et puis que j'utilise aussi à Genève maintenant dans mon travail puisque je je communique avec des personnes sourdes et malentendantes à Genève.
(11:07) Et puis dans le cadre de de ce travail, je, voilà, je l'utilise de temps en temps même si la langue des signes est vraiment propre à chaque pays.
(11:16) Donc même si le, c'est la langue des signes française, il y a quand même des des mots.
(11:21) L'alphabet aussi est aussi différent des mots qui diffèrent.
(11:24) Donc parfois quand je j'échange avec des sourds genevois, on ne se comprend pas tout à fait, enfin on se comprend sur la globalité,
Brian
(11:32) mais
Charlotte
(11:32) je dois demander des des signes voilà que je que je ne comprends pas toujours, qui sont vraiment propres à la Suisse en fait.
Brian
(11:39) Ah oui, oui, carrément propres à la Suisse.
Charlotte
(11:41) Ah oui, il y a des il y a vraiment une langue des signes
Brian
(11:43) Disons couplés aussi.
Charlotte
(11:45) Non, non non, je ne crois pas.
(11:46) Non, non, ce signe-là, il ne s'était pas.
(11:49) Mais, mais en tout cas il y a vraiment, oui chaque région a sa langue des signes, chaque pays a sa langue des signes et même si on a la langue des signes française, c'est comme voilà le français, on a le français qu'on parle avec certains mots utilisés à Genève qui ne seront pas les mêmes qu'à Paris par exemple, donc voilà.
Brian
(12:10) Est-ce que au niveau de la de la technologie, est-ce qu'il y a eu des des apports, des changements, on parle souvent des fois des méfaits de la technologie, mais par rapport au langage de signes ou
Charlotte
(12:23) Alors c'est très important la technologie, moi depuis toute petite ça a pris une place importante dans notre famille.
(12:28) On était une 1 famille unie par la culture de l'image forcément parce que aussi j'ai j'ai été élevée par quelqu'un qui, voilà par un beau-père qui était reporter de guerre et et photographe.
(12:40) Donc forcément l'image avait une place importante et d'autant plus avec des personnes sourdes à la maison, probablement ça a joué un rôle.
(12:47) Mais effectivement la technologie, on a été très très vite, nous à l'époque on avait, on a eu internet très vite parmi les premiers, je pense en France à avoir ça.
(12:57) Ensuite on a toujours acheté des des voilà des des outils dernier cri même voilà Mac, enfin moi
Speaker 3
(13:05) je ne
Charlotte
(13:05) vais pas, c'est une marque que je ne dois pas donner normalement pardon.
Brian
(13:07) Non, non.
Charlotte
(13:08) Mais je
Brian
(13:09) ne suis pas à un stade encore où où on m'embête si elle est très active.
Charlotte
(13:14) Oui on a toujours eu, je dirais des les voilà, la technologie sur laquelle on a pu s'appuyer pour pour pouvoir dialoguer.
(13:23) Et puis ma soeur a toujours été consommatrice, mon frère aussi de tout ce qui pouvait, voilà les les applications, tout ce qui peut aider en fait.
(13:32) Sans ça, la vie n'aurait pas été la même, c'est clair.
Brian
(13:36) Est-ce que le le le fait de de grandir dans dans ce monde-là, ça a un peu vidé ou dicté ta voie professionnelle ou en avait ou pas trop
Charlotte
(13:48) En tout cas, je m'étais dit que jamais je travaillerais dans le dans le milieu du handicap parce que forcément c'était un sujet présent à la maison.
(13:55) Et en même temps, en fait on ne nommait pas un handicap, Enfin, pour moi, les personnes qui étaient différentes ou singulières, c'étaient des personnes finalement, oui, avec une différence, mais pas forcément un handicap.
(14:06) Donc, oui, c'est c'est très jeune déjà, quand j'étais adolescente, on venait me chercher pour traduire en langue des signes, pour faire voilà le travail d'interprète bénévole, j'ai commencé à travailler même dans dans mon lycée, donc le lycée c'est l'équivalent du collège en Suisse, on me sollicitait pour être interprète bénévole Et puis, ma mère était très militante dans le milieu donc du handicap et des personnes sourdes et malentendantes, enfin pour les les associations qui travaillaient pour les droits de ces personnes-là.
(14:40) Et donc effectivement, j'ai j'ai vu le combat en fait mené par ma famille pour ça.
(14:46) Et puis c'est aussi quelque part le la surdité, le handicap, ça a été aussi une souffrance peut-être pour mes grands-parents qui ont été maltraités physiquement parce qu'à l'époque, c'était considéré comme une tare et puis on on mettait ces personnes-là de côté.
Charlotte
(15:03) Donc voilà, c'est c'est forcément lié à à des douleurs familiales et puis d'une partie de la population qui a vécu des souffrances parce qu'elle n'a pas eu le droit d'utiliser cette langue pendant quelques années.
(15:15) Puis après, elle a été reconnue donc dans les années 80 en France.
(15:20) Et puis après, il y a eu une officialisation de la langue en France et donc là, il y a eu, mais il y a eu un combat, il y a eu un combat important.
(15:28) Et puis effectivement, je je me, je m'étais toujours dit je ne travaillerai pas dans ce milieu-là.
(15:35) Je je veux
Brian
(15:35) Et pourquoi tu disais ça
Charlotte
(15:37) J'ai besoin de faire mon propre chemin, j'ai
Brian
(15:39) besoin
Charlotte
(15:39) de voilà, ça a été à la fois riche et en même temps pas simple parce que voilà, j'étais aussi cette cette personne outil pour ma soeur, pour mon frère, je devais souvent interpréter les échanges et donc je, peut-être je ne pouvais pas toujours être vivre moi les échanges puisque je devais interpréter aussi pour eux, mais au même titre que d'autres membres de ma famille le faisaient.
(16:06) Donc voilà, c'était c'était, j'avais besoin de probablement de cheminer, de découvrir mes passions, qui j'étais aussi avant de finalement de de retourner dans le milieu lié au handicap en général.
(16:25) Voilà, c'est, je suis revenue à ça, mais parce que j'ai j'ai eu le temps de de faire ce chemin pour pouvoir revenir à ce milieu de manière beaucoup plus avec de la distance, mais ça ne veut pas pas dire avec peu d'implication.
(16:40) Je suis toujours aussi impliquée.
(16:42) Je pense que je porte ça, ça ça me prend vraiment aux tripes.
Charlotte
(16:46) Enfin voilà, le le le les droits des personnes en situation de handicap, c'est quelque chose qui m'anime au plus profond de moi.
(16:53) Je ne supporte pas l'injustice, je ne supporte pas l'inégalité, je ne supporte pas les discriminations, donc je ne suis pas là pour rien aujourd'hui pour pour ces personnes-là.
(17:03) Mais effectivement, je je je le fais avec beaucoup plus de distance et une distance saine qui permet de me protéger aussi parce que ce ne sont pas des combats simples à mener et que ça prendra du temps encore et qu'il y a beaucoup de colère, beaucoup de frustration qu'il faut savoir gérer et et voilà, de se dire que ce n'est pas moi qui suis responsable à moi seul de ça, mais que voilà, on a petit à petit finalement un travail en commun à faire avec la population et puis les différents âges en fait pour intégrer le fait que les personnes concernées par le handicap sont, voilà, sont des personnes égales et qu'on ne doit pas les les voir ou les considérer en tout cas comme comme des personnes inférieures, bien au contraire.
Brian
(17:46) J'avais interviewé une fois un 1 athlète des jeux paralympiques et il avait expliqué un peu à l'inverse que d'être, il y avait une campagne pour Londres 2012 de super héros, mais qui ça ne lui avait pas vraiment plu.
(18:05) Je te vois hoché de la tête, tu peux tu peux me donner ton avis un peu là-dessus
Charlotte
(18:10) Alors complètement, je ne suis pas du tout adepte non plus de de montrer des images de personnes voilà qui ont des palmarès, même si je trouve ça incroyable ce que font les les athlètes, voilà, au paralympiques.
(18:22) Là récemment, on l'a encore vu cette année à Paris, c'était c'était juste dingue et je salue vraiment le parcours de ces personnes-là qui ont des parcours hors normes.
(18:33) Mais effectivement, c'est une poignée de personnes et il faut qu'on fasse attention à la manière dont on représente les personnes en situation de handicap dans les médias en général.
(18:46) Je suis vraiment la 1re à dire que voilà, ne montrons pas en permanence ces personnes-là parce que c'est c'est une minorité.
(18:55) Il y a beaucoup de personnes qui sont concernées aussi par des handicaps invisibles puisque puisque 80 pour 100 des personnes qui ont un handicap ont un handicap invisible.
Charlotte
(19:07) En fait, on est une personne sur 5 au sein de la population à être en situation de handicap ou handicapé.
(19:13) Ok.
(19:13) Et sur ces 20 pour 180 pour 100 des personnes ont un handicap invisible.
Brian
(19:18) Pas visible.
(19:18) Donc ça englobe le mot handicap englobe bon en fait quelle quelle serait ta description et puis la la la définition de de handicap.
(19:29) Parce que finalement je me rends compte que peut-être que voilà même moi j'hésitais à aller utiliser ce mot et de se dire attends est-ce qu'on peut parler de handicap, on ne devrait pas se poser la question finalement.
Charlotte
(19:42) Ouais alors c'est, il y a une définition très précise, mais que je ne connais pas par coeur, mais en tout cas ce qui est important peut-être, ce que j'aimerais que les gens retiennent, c'est que le handicap est créé par, souvent par l'environnement.
(19:55) C'est-à-dire que finalement si on adapte l'environnement, le handicap il est réduit, voire voire inexistant.
(20:04) Donc c'est ça qui qui est important pour moi à retenir, c'est qu'en fait on a tous notre part à à assumer quand on on est en contact avec des personnes concernées par un handicap.
(20:18) En fait, on peut toujours adapter, que ce soit par l'accessibilité numérique, que ce soit par l'adaptation de l'environnement extérieur, on peut toujours adapter l'environnement de la personne, que ce soit au travail, que ce soit dans les échanges, dans les mots qu'on va utiliser.
(20:36) C'est important d'utiliser des mots simples qui soient compris par la majorité des personnes, voilà d'adapter peut-être son phrasé, le rythme de sa phrase.
Charlotte
(20:47) Il y a énormément d'adaptations qu'on peut tous faire en fait à notre niveau et qui ne dépendent pas forcément que des autorités.
(20:53) Même si effectivement les autorités ont un rôle important à jouer au niveau cantonal et fédéral, mais en fait chaque citoyen peut déjà simplement dans la façon de regarder aussi une personne en situation de handicap ou d'échanger avec elle, dans la posture, ça, c'est super important.
(21:09) La posture qu'on peut avoir, voilà, être vraiment considérer une personne en situation de handicap comme son égal.
(21:17) Finalement, se mettre à sa place et de se dire que cette personne, ça peut être nous demain.
(21:21) Voilà donc après au niveau des différents types de handicap, il y a effectivement des classifications qui se font.
Charlotte
(21:27) On parle de handicap mental, on parle de handicap psychique, on parle de handicap sensoriel, physique, on parle de polyhandicap.
(21:38) Voilà, il y a il y a aussi ces catégories qui qui sont là, mais pour moi, c'est ça.
(21:42) Le handicap, il est surtout lié en fait à des circonstances et à des situations.
(21:49) Et c'est en aménageant cet environnement et ces situations qu'on peut réduire, voire éliminer le handicap et du coup créer une 1 égalité.
Brian
(21:58) Donc pour créer cette égalité et avoir un 1 monde plus plus inclusif tellement.
(22:05) Enfin quelle est la 1re chose à faire en fait si en temps de temps je vois qu'il y a on a besoin de faire beaucoup plus.
(22:15) Comment commencer par par où Qu'est-ce qu'il faut changer et améliorer
Charlotte
(22:19) Je crois que déjà ce ce qui est véhiculé dans les médias, les médias ont une responsabilité.
(22:26) Les personnes qui sont voilà dans les médias, qui peut-être animent des émissions, présentent des émissions.
(22:34) Je pense que s'il y avait une diversité plus importante au sein de ces ces personnes qui sont représentées dans les médias, je pense qu'on se, voilà, ce serait plus juste, plus le reflet de de de la société
Brian
(22:49) Parce qu'il y a de la discrimination.
Charlotte
(22:52) Moi je vois très peu, en tout cas dans les médias suisses.
(22:54) En France, ça arrive un peu plus.
(22:56) On a plus de représentants, voilà de personnes qui sont même concernés par le handicap, qui qui animent les émissions, qui qui présentent, et caetera.
(23:03) Et ça, c'est une belle avancée.
(23:05) Et je pense que la la Suisse devrait pouvoir aussi, voilà, travailler sur cette représentation dans les médias parce que finalement c'est des messages qui sont très forts, qui arrivent via les réseaux sociaux.
Charlotte
(23:19) Enfin voilà, aujourd'hui on a une manière de consommer l'information dès le plus jeune âge qui est qui est qui est très très importante rien que sur notre smartphone tous les jours.
(23:29) Donc je ouais je prêterais vraiment attention à à la communication justement à à ne pas véhiculer des images de super héros, mais de personnes simplement qui ont des compétences en fait professionnelles de présentateur ou d'animateurs ou et puis qui sont voilà, qui font leur métier de journaliste, qui font leur métier, enfin comme n'importe quel journaliste le ferait en fait.
(23:54) Ils ont cette capacité-là.
(23:55) Ces personnes ont ces capacités.
(23:57) Donc voilà, les médias, je pense que c'est important.
Charlotte
(23:58) Et puis travailler sur la sensibilisation au handicap en général avec notamment un public le plus jeune qui soit.
(24:08) Idéalement, il faudrait que toutes les écoles puissent être sensibilisées au handicap.
(24:12) Et c'est vrai que, à la base, le projet de l'école inclusive, c'est aussi ça.
(24:17) C'est aussi vivre, connaître, côtoyer des des enfants concernés par handicap.
(24:22) Je pense que c'est important aussi d'avoir ce cette cette diversité au sein d'une d'un même établissement.
Charlotte
(24:29) Parce qu'effectivement le regard change, moi je vois mon fils qui côtoie beaucoup d'enfants en situation de de handicap dans son école, et puis du coup pour lui c'est une normalité.
Brian
(24:39) Ouais ouais ouais ouais.
Charlotte
(24:40) Il ne se pose même plus la question.
(24:41) Alors il voit qu'à certains moments il doit adapter peut-être son comportement ou ses gestes, voilà.
(24:48) Il me disait par exemple qu'il a il a un petit garçon dans dans son école, s'il touche ce petit garçon, il peut mal réagir.
(24:54) Voilà, il le sait, il y a une verbalisation de de de ce qui convient ou pas à cette personne, à cet enfant.
(25:01) Et puis du coup, l'enfant s'adapte.
Charlotte
(25:03) Donc c'est ça, je pense qu'il faut vraiment supprimer les tabous en fait autour du handicap, se dire que de la même manière que moi, j'ai j'ai besoin de ça pour être bien, une personne en situation de handicap a peut-être besoin de d'un geste en plus ou en moins.
(25:20) Voilà qu'on la regarde enfin voilà en tout cas qu'on la regarde de la même manière.
(25:25) Ça c'est important ouais de ne pas créer de dans la posture encore une fois, de ne pas être différent.
Brian
(25:31) Oui et puis c'est vrai que c'est les les les médias, la communication qui notre 1er, le 1er exemple est que ça, donc je comprends qu'il faut l'accent par le média.
Charlotte
(25:45) Ouais, moi je je rêve voilà d'avoir des des des personnes davantage concernées par le handicap dans les médias, en tout cas en Suisse.
(25:53) Et puis, et puis voilà, je pour que le regard change et puis que finalement, le handicap devienne quelque chose de de normal et de presque banal et de se dire que ce n'est pas, c'est juste une personne singulière point.
Brian
(26:13) Je suis vite allé sur ta page LinkedIn et j'étais curieux de voir ce que tu avais écrit dans ta description, bio, est-ce que tu te souviens de ce que tu as écrit
Charlotte
(26:23) J'ai toujours cette phrase de René Charre, c'est ça Non.
Brian
(26:26) Impose ta chance, sers ton bonheur et va vers ton risque.
Charlotte
(26:29) Oui.
Brian
(26:29) À te regarder, ils s'habitueront.
Charlotte
(26:31) C'est ça.
(26:32) Je crois que il faut oser, je crois qu'il ne faut pas avoir peur de déplaire.
(26:41) Et je crois que quand on est convaincu de quelque chose et que c'est profond, il faut le, il faut le poursuivre et et avoir cette audace en fait d'y aller.
(26:52) Et c'est vrai que quand je je, ça fait sourire, mais quand j'ai peur, évidemment je ne vais pas mettre ma vie en danger, mais quand j'ai peur, je j'y vais en fait.
(26:59) J'explore, j'essaye de comprendre pourquoi j'ai peur.
Charlotte
(27:03) Et je crois que voilà, j'ai j'admets aussi mes fragilités, c'est aussi reconnaître les les moments d'inconfort, de traverser ces moments d'inconfort.
(27:13) Je je j'accorde une part importante à un travail sur moi.
(27:15) Ça, c'est c'est un travail que je fais depuis très longtemps et je je je suis toujours en cours là-dessus et ça probablement que ça sera toute ma vie comme ça.
Brian
(27:23) Mais je pense qu'on est en perpétuelle transformation en en fait.
Charlotte
(27:28) C'est ça, c'est ça.
Brian
(27:30) J'aimerais croire qu'on qu'on l'est tous, mais peut-être que peut-être pas en fait.
Charlotte
(27:36) L'entourage joue aussi un rôle important.
(27:38) Est-ce qu'on s'autorise, est-ce qu'on est déjà est-ce qu'on s'autorise soi et est-ce que notre entourage proche l'autorise.
(27:45) Alors normalement on est censé prendre ses décisions et et et peu importe ce que pense son entourage, mais ce n'est pas toujours si simple.
Brian
(27:52) Bien sûr.
(27:53) Quand il
Charlotte
(27:53) y a, la famille est impliquée, quand il y a des questions même d'enjeux financiers ou autres, ça ça peut impacter toute une famille, donc ça conditionne aussi des choix de vie.
(28:02) Et quand on a une famille aussi, donc voilà, il y a une part de liberté qu'on a et en même temps, voilà un respect de ses proches probablement, donc c'est un compromis, un fin compromis entre tout ça, ouais.
Brian
(28:17) Donc on ne s'est pas parlé pendant longtemps, après voilà on était connecté sur les réseaux sociaux.
(28:23) Enfin moi je sais par exemple je poste un petit peu trop et je me suis déjà posé cette question de de pas de censure, mais de de de cercles à à qui est-ce qu'on partage, un peu quels éléments de sa vie.
(28:36) Et puis finalement on est on est presque un peu des des ouais quoi, des rédacteurs en rédactrice en chef, de de de sa propre communication.
(28:48) Et tu m'as recontacté.
(28:50) Oui.
Brian
(28:51) Qu'est-ce qui a déclenché ce ce geste en fait
Charlotte
(28:56) En tout cas, les bons souvenirs, je pense que que j'avais avec toi et puis ouais, je je ne sais plus pourquoi et quelle publication, mais il y a il y a quelque chose qui m'a touché à ce moment-là.
(29:09) C'était simplement un élan du coeur.
Brian
(29:11) Non, j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai
Speaker 3
(29:12) j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j
Charlotte
(29:17) voilà, je ne prends pas contact tant que ça avec des des personnes que j'ai perdues de vue.
(29:21) C'est plus ce que je fais aujourd'hui.
(29:23) Je le faisais beaucoup quand j'étais plus jeune, mais pas depuis une vingtaine d'années.
(29:27) Je n'ai plus trop ce ce comportement-là.
(29:29) Donc je pense que c'est un élan du coeur et je je voilà, je crois que j'essaye de ne pas tout comprendre à ce moment-là.
Charlotte
(29:34) Quand je prends contact avec toi, il y a probablement dans tes posts quelque chose qui m'a touché.
(29:40) Et puis je me suis rappelé aussi voilà de de ce que je ressentais quand on échangeait et c'était c'était en tout cas des émotions positives.
(29:49) Donc j'y suis allé sans sans plus me poser de questions,
Brian
(29:55) c'est ça Non, mais je suis vraiment content que tu l'aies fait parce que c'est vrai que quand quand du temps passe, mentionné avant de ne pas avoir peur de déplaire, c'est-à-dire c'est ça tu ne poses pas de questions et je pense qu'on se pose beaucoup de questions maintenant quand on quand on communique avec une certaine personne peut-être de son passé aussi.
(30:14) Et là, ce que j'ai trouvé vraiment, déjà ça m'a fait plaisir d'avoir de de tes nouvelles et on a pu, on a pu se se voir l'été, c'était l'été dernier.
(30:25) Je ne sais plus si vous êtes.
(30:27) Un endroit que je ne connaissais pas du tout d'ailleurs, au bois de la Bastille.
Charlotte
(30:32) C'est ça, oui.
Brian
(30:33) Je me suis trompé d'endroit initialement,
Charlotte
(30:35) ce qui
Brian
(30:36) m'arrive.
(30:38) Et puis on a discuté super longtemps, donc on s'est refait quoi, 8 années.
(30:43) En quelques heures.
(30:44) En
Charlotte
(30:44) quelques heures oui, oui c'est ça.
(30:48) Mais ouais après c'est c'est ça.
(30:51) Mais je me pose quand même beaucoup de questions malgré tout, mais mais je crois que quand on on fait les choses, les démarches avec le coeur, on ne se trompe pas.
(31:00) En tout cas, c'est juste à un moment donné pour soi et puis ça s'est confirmé lors de cette soirée.
(31:04) Je me dis, oui, mais en fait avec Bryan, c'est c'est fluide.
Brian
(31:07) Et c'est c'est c'est intéressant parce que en fait on, jusque-là, on s'était toujours vu dans dans un cadre professionnel.
Charlotte
(31:14) Exactement, oui oui.
Brian
(31:16) Et finalement, c'était en même temps, ça me paraissait être une extension naturelle de nos conversations en fin de journée de travail.
(31:25) Et et mais en effet fluide ça ça c'est un bon mot je crois.
Charlotte
(31:31) Oui, puis mine de rien en fin de journée finalement tu me parlais de voilà tes inquiétudes aussi liées à ta à ta profession, liées à la à la parentalité qui arrivait.
Brian
(31:45) Ah oui, il y a des, tu dis oui, il y a 10 ans dans l'air.
Charlotte
(31:48) Des inquiétudes, des inquiétudes,
Brian
(31:49) des questionnements.
(31:50) Oui, des questionnements bien sûr.
Charlotte
(31:51) Et ça, je crois que ça me touchait.
(31:53) Ce n'est pas, ce n'est pas, ce n'est pas fréquent en tout cas avec un 1 collègue de d'échanger sur ces sur toutes ces questions-là.
(32:02) Voilà, tu t'es ouvert probablement et c'est ce qui m'a touché à ce moment-là.
Brian
(32:06) Et c'est vrai que quand on regarde le, un peu le temps qui est passé, donc il y a quelque chose qu'on a en commun, c'est qu'on on a eu un enfant
Charlotte
(32:17) Oui.
Brian
(32:18) Et on s'est séparé de de l'autre parent.
Charlotte
(32:21) Forcément ça crée des liens aussi.
Brian
(32:22) Ça crée des liens.
Charlotte
(32:24) Ouais, c'est un peu trop banal malheureusement à notre époque, mais
Brian
(32:27) Ouais, c'est c'est c'est, ouais.
Charlotte
(32:29) Mais, mais, mais effectivement après c'est aussi des, c'est probablement, alors le fait d'avoir un enfant, d'être parent, c'est un cadeau incroyable.
(32:39) Moi je
Brian
(32:40) Bien sûr.
Charlotte
(32:41) Je je reviendrai pour rien au monde en arrière.
(32:44) C'est une chance, mais effectivement après quand on on vit une belle histoire et puis qu'elle s'arrête, ou en tout cas qu'on lui donne une nouvelle orientation, parce qu'elle s'arrête peut-être à un moment donné, mais elle elle elle continue d'une autre manière, c'est quand même une épreuve.
Brian
(32:59) Oui, c'est une épreuve.
Charlotte
(33:00) Effectivement, il y a un sentiment peut-être d'échec, une culpabilité aussi.
(33:06) Enfin moi, j'ai j'ai ressenti ça, cette culpabilité
Brian
(33:08) qui est là.
(33:08) Ouais, je pense, ouais, je pense que bon, il y a différentes phases.
(33:10) Après, c'est des des similitudes et des différences.
(33:14) Mais c'est vrai que le le schéma, il n'est pas simple parce qu'il n'y a pas des des des règles de code.
(33:19) Alors oui il y a des des recommandations par rapport aux gardes, il y a un choix garde partagée, pas garde partagée, c'est à alterner, combien de temps, les vacances ça fait pratique.
Brian
(33:29) Après les facteurs humains de comment on s'entend avec la personne, tout à coup si on a quelqu'un qui rentre dans sa vie, d'autres partenaires.
(33:36) On n'a pas le temps de parler de tout ça, mais en tout cas c'est super de pouvoir échanger avec toi de de ces sujets-là, mais pas seulement.
(33:46) Et je, ça m'a juste fait penser en fait mon mon mon fils, bon lui on s'est séparé quand j'étais très jeune, il avait un an donc il a toujours connu ses parents séparés.
(33:59) Et au départ on était, c'est un peu l'exception à l'école et puis malheureusement au fil des années, il y en a de plus en plus.
(34:06) Et en fait, quand il y a des parents qui se séparent, souvent je deviens ou on devient un peu les consultants du
Charlotte
(34:15) C'est ça.
Brian
(34:15) Et ce qui est difficile c'est de dire, oui mais en fait c'est différent pour chaque personne.
(34:21) J'ai la chance de voilà que ça que ça se passe bien là qu'on pour très bien, mais mais chaque situation est unique.
Charlotte
(34:30) Mais je crois que simplement de de ne pas se sentir seul, c'est super important.
(34:35) Et finalement la main que tu tends quand tu deviens un peu ce consultant dont tu parles, Je crois que c'est ça, la personne a juste besoin de de savoir qu'elle n'est pas seule et qu'elle peut être comprise.
(34:46) Et je pense que c'est ça qui est important.
(34:48) Effectivement, tu as tu as raison.
(34:49) Chaque situation est unique, mais mais de se dire qu'on peut avoir cette écoute à ce moment-là, c'est c'est précieux, je pense en tout cas.
Brian
(34:58) Notre discussion m'a fait penser à la mère de mon fils Géraldina qui chaque année fait un top flop de l'année.
(35:07) Là on est le 23 décembre au moment où on enregistre ça.
(35:11) Est-ce que de tête comme ça tu as un top et un flop de l'année 2024
Charlotte
(35:16) Un sol, un top et un flop.
Brian
(35:18) Vu le temps, non tu peux en dire plusieurs, tu peux en dire plusieurs, mais peut-être ce qu'il devient en tête le plus vite.
Charlotte
(35:25) Alors le top peut-être au niveau professionnel.
(35:29) Effectivement cette année c'était donc les 10 ans de la convention de l'ONU pour le droit des personnes handicapées, donc qui a été, donc c'est une convention qui a été ratifiée en 2014 en Suisse et on a fêté cette année l'anniversaire, donc les 10 ans.
(35:47) Et le Bureau fédéral pour l'égalité des personnes handicapées a piloté une, en fait une 1 série d'événements dans les différents cantons, enfin a insufflé en fait cet anniversaire et puis chaque canton a pu organiser une série de d'actions de sensibilisation en faveur des droits des personnes en situation de handicap et je me suis beaucoup occupée de ce projet-là.
(36:13) On a travaillé conjointement la ville et le canton ensemble.
(36:16) C'était aussi une 1re, donc ça, c'était une merveilleuse expérience.
Charlotte
(36:22) Et voilà, ça a été un mois d'action, de sensibilisation avec bon nombre de partenaires qui ont été très impliqués et puis voilà avec des rencontres très enrichissantes pour moi.
(36:34) Et effectivement, la cérémonie de clôture a eu lieu à Genève.
(36:38) Donc la cérémonie de clôture nationale a eu lieu à Genève.
(36:42) Donc le bureau fédéral nous a fait confiance et puis on a pu accueillir madame Elisabeth Baums Schneider qui était également au rendez-vous.
(36:51) Donc c'était voilà
Brian
(36:52) Pour ceux qui ne la connaissent pas, c'est
Charlotte
(36:55) Donc cette conseillère fédérale.
(36:56) Voilà, en charge notamment des questions.
Brian
(37:00) C'est pour l'audience internationale hors sujet.
(37:03) C'est vrai, c'est juste,
Charlotte
(37:04) c'est juste.
(37:05) Et puis voilà, ça a été je pense un 1 jolie action parce que porter en en collaboration avec de nombreuses personnes concernées en fait, pour la 1re fois, un événement a été organisé avec et pour les personnes concernées.
(37:26) Et ça, c'était pour moi extrêmement important, voilà.
(37:28) Mais tout comme le processus qu'on a mis en place pour travailler sur une nouvelle loi qu'on essaye de de mettre en place à Genève en lien avec le handicap, donc une loi pour l'égalité et contre les discriminations.
(37:42) Pareil, voilà, les personnes en situation de handicap ont été consultées dans ce travail d'avant avant projet de loi.
Charlotte
(37:50) Et puis c'est vraiment, voilà, c'est fait avec et pour ces personnes.
(37:56) Génial.
(37:56) Et ça, c'est, ça paraît tellement évident en fait, mais ce n'est pas assez fait.
(38:01) Donc c'est pour moi, c'est un peu un top.
Brian
(38:03) Ouais, en plus d'avoir une manifestation, enfin que soit pas juste dans les cris dans là vraiment il y avait quelque chose de tangible et tu as eu un sentiment, est-ce qu'il y a eu un moment où tu étais ouais.
Charlotte
(38:16) Alors une énergie clairement une énergie une énergie commune et puis voilà le le le ce sentiment d'être uni par par quelque chose qui nous animait tous, ça ça, c'est vraiment indescriptible.
(38:29) Enfin voilà, c'était vraiment très nourrissant, puis valorisant pour moi et et pour les personnes voilà qui se reconnaîtront dans dans cette aventure.
(38:40) Donc ça pour moi, c'était un 1 top.
(38:43) Après un flop, il y en a forcément
Brian
(38:45) Ouais, peut-être qu'on peut skipper le flop, mais moi je peux te dire le mien, mais c'est le un classique facile, c'est la réélection de Donald Trump.
Charlotte
(38:54) Ah oui, oui.
Brian
(38:55) Et j'ai j'ai, je me suis vraiment, je n'ai pas lu beaucoup de, mais en fait, j'ai, ça, j'en ai tellement marre de Trump et je sais que la, il y a un côté un petit peu lâche aussi de me détacher de ça, mais je ne peux plus supporter de le voir ou d'entendre les atrocités que lui et son entourage font.
(39:18) C'est très difficile parce que ça fait partie de mon identité étant à moitié américain, mais voilà on va le balayer, mais ça ouais ça c'était c'était rude.
Charlotte
(39:28) Alors si moi j'ai un flop que j'ai, peut-être, mais c'est pareil, ça concerne la France.
(39:35) Et là, j'ai, oui, je
Speaker 3
(39:37) mets Les
Brian
(39:37) 2 pays, j'ai mes 2 nationalités.
Charlotte
(39:39) Je m'exprime sur cette ce flop parce que j'étais en colère.
(39:44) En fait, effectivement, il y a eu les jeux olympiques cette année.
(39:47) Donc c'était magnifique, magnifique, enfin très bel événement, jeux olympiques et paralympiques, avec cette volonté vraiment d'être inclusif, de de de, voilà, de nouer les 2 événements ensemble, et caetera.
(40:01) Et en fait, on a appris il y a 2 jours, je crois, que le livre sur les Jeux Olympiques, donc 300, plus de 300 pages, je crois pas loin.
(40:13) Voilà sur ces 300 pages, il y a 0 page sur le sport paralympique pour des questions soi-disant de de timing De
Brian
(40:22) timing, ouais, je je j'ai Par rapport
Charlotte
(40:24) à l'édition et voilà, je je n'ai pas de mots et là et là je me dis, mais quelle honte en fait voilà.
Brian
(40:29) C'est vraiment bon.
Charlotte
(40:31) Là je je j'étais j'étais fière d'être française pendant ces j o, je me suis dit bon il y a il y a la France montre quelque chose d'aussi de d'important à l'international.
(40:39) Et là avec cette cette communication qui fait un flop total, voilà, je me dis en fait, mais non, ce n'est pas entendable, voilà.
(40:49) Donc là, j'étais j'étais assez en colère et je je ne comprends pas.
(40:52) Et et c'est vrai quand je lis que probablement il y aura un prochain livre qui sortira sur les jeux paralympiques dans les prochains mois.
(40:58) Non, je je trouve ça, voilà il n'y a pas de mots.
Brian
(41:03) Ouais, puis quand tu travailles toute l'année, enfin c'est plus qu'un travail, mais pour se se battre justement pour de l'inclusion et de l'égalité
Charlotte
(41:13) Mais en fait.
Brian
(41:13) Et que là c'est flagrant.
Charlotte
(41:15) On est on est ces personnes en situation de handicap aussi.
(41:18) Encore une fois ça peut être moi demain, ça peut être toi demain.
(41:21) Je je, ça peut arriver des accidents de vie, ça ça arrive trop vite malheureusement.
(41:27) Donc c'est c'est, en fait on ne doit plus séparer, on doit, ce n'est pas possible.
(41:32) Ce n'est pas, c'est juste ne pas se respecter en tant qu'humain en fait, de créer ces ces ces silos, voilà.
Charlotte
(41:43) Donc c'est dommage.
(41:43) Donc pour moi, c'est le flop.
(41:44) C'est dommage.
(41:45) Mais mais, mais voilà.
(41:47) Après, je j'ai foi en l'humain et et je me dis qu'avec effectivement le travail en collectivité à plusieurs, on y arrive.
Charlotte
(41:56) Donc on ne va pas lâcher maintenant.
(42:01) Mais encore une fois, oui, je pense que chacun à son, à son petit niveau dans sa petite vie peut faire, peut faire simplement, voilà, en ayant une posture adéquate, en s'intéressant à l'autre et finalement peut-être parfois à son voisin.
(42:15) Voilà, vous pouvez découvrir qu'il a peut-être à un moment donné, voilà, un handicap peut-être psychique qui ne se voit pas et et on voit que les handicaps psychiques augmentent considérablement.
(42:26) Mais en fait voilà, on a juste besoin de s'entraider, d'être là pour les autres et et et puis de se dire que cette personne ça peut être nous aussi, voilà.
Brian
(42:37) Pour terminer, est-ce que tu as une question pour moi
Charlotte
(42:42) J'aime bien poser cette question et je trouve que voilà.
(42:45) Si tu avais aujourd'hui Brian une baguette magique.
Brian
(42:48) Une baguette magique.
Charlotte
(42:49) Oui, c'est la fin d'année, tu vois le Père Noël bientôt arrivé.
(42:52) Qu'est-ce que tu, qu'est-ce qu'elle ferait cette baguette magique pour toi et enfin voilà dans ta vie Donc question un peu personnelle.
Brian
(43:03) Pour moi, oh la la, qu'est-ce que je me souhaiterais En fait, je suis assez heureux.
(43:08) Là, j'ai vraiment passé la la meilleure année de de ma vie depuis très très très longtemps et donc je j'ai j'éprouve beaucoup de de de gratitude envers les proches qui m'ont aidé à ce que j'aille mieux cette année et autant il y a des choses horribles de notre époque, mais je me focalise beaucoup sur sur le positif.
(43:39) Tiens, faire ce podcast tout simplement, un plaisir assez simple, mais très humain.
(43:45) Enfin là, on est en train de discuter.
(43:48) Il y a cet élément technologique aussi qui m'intéresse, le partage, le, il y a beaucoup d'introspection parce que je parle beaucoup de moi, j'apprends sur les autres.
Brian
(43:58) Donc, donc pour l'instant, je n'ai pas l'impression que j'ai besoin d'une baguette magique.
(44:03) Ouais, peut-être oui, oui, c'est juste si je pouvais avoir, je ne veux pas dire plus de temps, mais si je pouvais me démultiplier, je connais la série Severens.
(44:15) Non.
(44:16) Ok, alors on va en parler en off sur Apple TV.
(44:21) D'accord.
Brian
(44:21) Très rapidement, en fait, c'est c'est le fait de faire une scission, je crois, son cerveau pour qu'en fait tu aies un cerveau quand tu vas au travail et quand tu quittes le travail, tu oublies tout ce que ta vie au travail et donc tu as ta vie personnelle et tu as ta vie de travail.
(44:41) Et donc c'est un monde un peu dystopique, mais ça éveille énormément de de de questionnements sur ce le rapport de sa vie privée du travail qui sont très intéressantes.
(44:54) Et pourquoi je m'en suis venu là Oui parce que j'ai j'ai alors, moi j'ai la chance et je, toi aussi, je crois que le fait que nos nos activités professionnelles et nos activités personnelles, qui aient un lien sans pour autant nous bouffer, je pense que c'est important aussi.
Charlotte
(45:09) C'est juste oui.
Brian
(45:10) Mais c'est vrai qu'il y a quand même plein de choses que je voudrais faire et et j'ai constamment des idées et des projets et évidemment je ne peux pas tous les accomplir.
(45:19) Donc j'aimerais pouvoir avec ma baguette magique me permettre de peut-être de faire plus de choses.
(45:30) Là, c'est ce qui me vient en tête maintenant, mais
Charlotte
(45:32) Et en même temps, faire plus de choses, peut-être, ça serait se disperser davantage
Brian
(45:37) Oui, c'est ça.
(45:38) C'est pour ça que je le dis, on est à
Charlotte
(45:40) Avec mon
Brian
(45:41) langage corporel un peu, voilà, pas très ouvert parce que ce n'est pas non plus ce que je veux.
(45:47) Mais c'est difficile pour moi de de de faire des choix, de dire non, c'est toujours très difficile pour moi de dire non et
Charlotte
(45:54) Alors c'est peut-être non à cet instant de ta vie.
Brian
(45:57) Oui, je crois que c'est ça plutôt.
Charlotte
(45:58) Et et que peut-être dans un an, 2 ans, ça évoluera.
(46:02) Oui.
(46:03) Il faut se dire que c'est peut-être lié à à l'époque dans laquelle tu es et à cet instant de vie dans lequel laquelle dans lequel tu es.
Brian
(46:11) Absolument.
(46:12) On n'a plus beaucoup de temps en parlant de temps, mais c'était vraiment un plaisir Charlotte.
Charlotte
(46:18) Mais je
Brian
(46:18) crois que j'ai aucun montage à faire.
(46:20) C'est vrai, je crois.
Charlotte
(46:22) Tu me diras, tu me diras, je je sais pas, j'ai forcément dit des choses pas forcément claires.
Brian
(46:27) Si si si si si si si si si
Charlotte
(46:28) si c'est pas très intelligente, mais faut pas hésiter.
Brian
(46:30) T'inquiète pas, t'inquiète pas Charlotte.
(46:33) J'ai fait plein d'interviews dans ma vie.
(46:36) Au niveau d'intelligence, t'as pas de soucis à te faire.
Charlotte
(46:39) D'accord.
(46:40) Tant que enfin voilà, c'est pas, c'est pas un exercice scolaire de toute façon.
Brian
(46:44) Non non non et c'est il y a juste la frustration de ne pas pouvoir continuer.
(46:49) Je suis désolé d'avoir eu des problèmes techniques.
Charlotte
(46:51) Non pas du tout, c'était c'est c'est ça ça fait partie des aléas du du métier Bryan.
(46:56) Tu as déjà l'audace de faire un et bravo en tout cas pour ce que tu fais.
Brian
(47:01) Merci et puis Merci beaucoup.
(47:02) J'espère que Charlotte en 2025 peut-être, tu rejoindras l'équipe des podcasteurs.
Charlotte
(47:08) J'espère aussi.
(47:10) Merci Bryan.
Brian
(47:11) Merci Charlotte, à bientôt.
Charlotte
(47:12) À bientôt.
(47:13) Dans tous les sens.