
Dans Tous Les Sens
Hi. I'm Brian, and I'm not in the kitchen. Bienvenue à mon podcast, où introspection et rencontres s'entrelacent avec mes invités. Chaque épisode est une exploration unique d’échanges authentiques, de tentative d'humour, d’émotions sans filtre et d’histoires (parfois) captivantes. Entre amis, invités, et moments de réflexion personnelle, on aborde tout : le sens de la vie, ces petites choses qui agacent, et ces grandes questions qui nous animent.
Dans Tous Les Sens
Ep. 005 - La fluidité de Pakari
Pakari, mon ami et ancien collègue vidéaste au Genève-Servette Hockey Club, se livre sur nos souvenirs en grenat, l'ambiance tendue du vestiaire, les périples de la vie de parent lorsqu'on travaille à son compte, et le récit d'un mariage arrosé à Courtetelle dans le fin fond du Jura.
Voilà j'ai mon crayon, j'ai mon cahier, on a nos verres d'eau. T'es bien installé? Très bien merci. Super alors Pacari bienvenue dans tous les sens. Merci. Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation. Avec plaisir j'étais un peu étonné de la proposition. Pourquoi t'étais étonné? Parce que c'est ce truc simplement de se dire tiens, ils pensent que ce que j'ai à dire est intéressant, je sais pas pourquoi mais je suis assez de nature à dire bah allons-y je te suis. Dans tous les sens. In all directions. En todos los sentidos. Persistir nunca. J'essayais de me souvenir du moment où je t'ai contacté, mais d'ailleurs on a probablement un message sur WhatsApp. J'étais en escale à Doha. Ok. Quand j'étais en tournage à Bangkok et au Cambodge, je pense que tu m'as écrit quand j'étais dans l'avion entre Ho Chi Minh et Doha, j'ai vu que j'avais plusieurs messages de toi, des audios, un peu confus et puis ça reprend et puis voilà, Brian. Et oui, je me souviens très bien parce que j'étais un peu vaseux, il était 1h, 2h du matin, j'étais en plein jet lag et puis j'ai écouté tes messages et je me suis dit ah tiens qu'est-ce qu'il veut, qu'est-ce que c'est ce truc, il veut que je parle et j'ai téléchargé les deux premiers épisodes pour les écouter dans Doha Genève en fait pendant mon vol. Attends donc je t'ai laissé un message audio? Pour me parler du podcast. Ouais, ouais. Donc tu as écouté ce message audio. Tu m'as présenté tout ça, tu m'as dit si jamais j'ai déjà deux épisodes qui sont sortis j'aimerais bien en faire un avec toi. Et je me suis dit, voilà j'ai 7 heures encore d'avion, je vais télécharger ça comme ça je les écoute en arrivant à Genève. Ah c'était toi les deux écoutes ce jour là. Les deux téléchargements. Je rigole mais c'est vrai en fait. J'ai pas encore une grande audience mais elle est fidèle. Ah c'est ça. Il me semble. Je sais qu'il y a eu un moment où c'était un peu comme un flash où je me suis dit il faut que j'invite Pakkari. Est-ce que tu te souviens Pakkari de notre première rencontre? Je m'en souviens parce que j'étais assez stressé. C'était un peu une épreuve du feu pour moi. J'ai d'abord connu Didier Rieder qui était à l'époque au Servette FC qui s'occupait de la communication ou non qui était chef de presse. Oui mais il s'occupait aussi de la communication. Les deux, tu crois que le Servette FC était petit et du coup Didier devait avoir une dizaine de casquettes dans ce club. Même plus sûr. Didier si tu nous écoutes, d'ailleurs j'aimerais bien t'avoir comme invité. Bref, je ferme la parenthèse. J'avais gagné un concours pour accompagner le C1VT FC à Rosenborg, qui n'est pas le nom de la ville. En Norvège ou en Suède? En Norvège. Trondheim la ville. Ils jouaient un match préliminaire de coupe d'Europe et puis je pars avec l'équipe mais en supporter évidemment qu'on était peu de Gennevois en ville et que du coup on s'est retrouvé dans un bar boîte avec Didier puis on a commencé à discuter un peu de choses et d'autres on s'est bien entendu on a bien rigolé on n'était pas tout frais donc je pense que ça a aidé et puis le lendemain au petit dej à l'hôtel, j'essaye de me placer. Je faisais de la vidéo, mais c'était encore relativement neuf. Je rentrais de mes études à Paris. J'aimais bien le servette et j'étais abonné à ce moment-là. Je me disais que ce serait chouette qu'il y ait un peu plus de vidéos servettes. On ne voyait pas grand-chose. J'ai essayé de me placer. Didier a intéressé. Il n'y a pas forcément de budget à l'époque. Et finalement, quelques jours après, je reçois un coup de fil de Patrick Favre, je crois. Et c'est Didier qui a donné mon numéro à Patrick Favre. Et Patrick Favre souhaite me rencontrer pour de la vidéo, mais au Genève Ok, ouais ouais et puis là Patrick m'invite à un rendez-vous et il y a le fameux Brian Naugan qui sera là, qui est déjà en place au Geneva Cervettes, qui fait déjà de la vidéo et je vais donc entre guillemets passer un entretien pour voir si je ferai l'affaire. C'est toi Brian qui était l'homme technique qui pouvait m'évaluer sur ça. J'ai vaguement des souvenirs mais ouais. Tu m'as demandé sur quoi je travaillais comme logiciel. Pour moi c'était tout nouveau aussi parce que j'avais eu des petits boulots, je voulais être indépendant. En fait c'est même pas vraiment que je voulais être indépendant mais je voulais gagner ma vie avec la vidéo. Je pense que tu m'as posé des questions sur si j'avais du matériel, si j'avais un boîtier, si j'avais... C'était pas des questions sur toi en fait, c'était de savoir si tu venais avec du bateau. Des questions professionnelles, si je pouvais amener quelque chose, si j'étais autonome. Ouais je pense que c'était surtout ça. Mais je me souviens pas hyper bien, je me souviens que pour moi il y avait un enjeu parce que je me disais tiens c'est des grosses entités quand même de la ville, ces clubs de sport, c'est l'Original Servette. Oui, t'es tout comme moi, t'es fan de sport. Ouais, tout à fait. Et tu te souviens quand t'es sorti de l'entretien, tu t'es dit quoi? Est-ce que nous on t'avait déjà un peu... Je crois que je suis sorti de là déjà avec une réponse plutôt positive. Je crois que toi t'avais eu un assez bon feeling. Alors j'étais soulagé pour ça je crois. Mais en même temps je me disais putain je connais rien à ce sport. Et je vais pouvoir le filmer quoi. Je connais même pas les règles. Et là, je me souviens que j'ai très très rapidement appelé un copain à Stéphane qui a joué chez les jeunes au Genève Servette. Et je me souviens que je lui dis il faut que j'apprenne les règles du hockey. Et lui, ça le fait marrer parce que les règles du hockey c'est complexe. Tu ne les apprends pas en deux heures. Il y a des règles très très compliquées. Mais du coup il m'a emmené, il m'a donné rendez-vous un soir pour aller regarder les jeunes à la patinoire extérieure des Vernet. Puis on est allé regarder un match. Et du coup il me commentait le match, il me disait là l'arbitre il a sifflé ça, là il se passe ça dans le jeu. Il essayait de m'expliquer le principe du jeu. Puis on est allé deux fois je crois, ou trois même peut-être ensemble regarder les matchs des jeunes et puis voilà mais en sortant de ce rendez-vous mon grand souci c'était merde je connais pas ce sport ok j'avais une prenne pour travailler mais je vais filmer j'avais totalement oublié ça maintenant maintenant ça me revient en fait à la base je crois que j'étais parti pour un 100% ou un 80% et en fait je me suis assez vite rendu compte que c'était trop, que j'arrivais pas à gérer 100% de hockey. Faire que ça quoi. Ouais. Alors moi je connaissais quand même le hockey, peut-être mieux que toi, et en fait c'est grâce au jeu NHL, c'est comme ça que j'ai vraiment appris les subtilités du jeu, les changements de lignes, les stratégies de balancer le pok, les différents styles de jeu. Ce que j'avais pu observer c'est que le GSHC sous Max Orlais jouait un jeu très sale, enfin très sale, très combatif, c'est-à-dire qu'ils n'étaient pas les plus rapides ou les plus talentueux, par contre c'était des bourrins. C'était les plus teigneux. C'était les plus teigneux et puis aucune équipe avait envie de jouer contre eux, parce que tu ne savais pas ce qui allait se passer quoi. Et ça faisait des beaux, beaux matchs contre Fribourg à l'époque. Ah ouais. Des bonnes bagarres. Et quand je dis vidéaste, c'est le fait de filmer mais aussi de monter. Ouais. Parce que du début à la fin, voilà, c'est-à-dire tu gères l'image, tu fais la captation, mais après, le montage, je trouve toujours que les mentors, enfin que le montage d'un film ou d'une oeuvre audiovisuelle est extrêmement sous-estimée mais finalement dans le montage tu peux sauver des... c'est la finalité du truc, tu peux avoir un peu de la merde et arriver à en faire quelque chose de bien. Je pense que c'est le montage souvent qui fait un peu tout. Parce que tu pourrais donner, si on prend l'exemple du hockey comme on disait à l'époque un peu un soir de match où on avait un peu entre guillemets carte blanche pour raconter la soirée qu'on avait vu, tu pourrais donner ces rushs là à 5 monteurs différents, tu aurais 5 vidéos différentes alors que le résultat du match c'est le même, les faits de jeu c'est les mêmes, tu donnes les mêmes rushs, chacun avec sa sensibilité va raconter une histoire peut-être différente. Moi je me souviens que chaque match que je filmais, à part s'il y avait eu vraiment un gros fait de jeu, un gros truc, à la fin du match je savais pas ce que j'allais faire dans le montage. Et tout s'éclaircissait dans mon esprit quand je commençais à monter. Et d'abord, j'avais un sentiment, je pense, donc je cherchais une musique qui correspondait. Si j'avais un sentiment un peu triste ou mélancolique, enfin ça dépend des fois, des trucs de joie, des trucs de plus guerrier, la musique elle allait dicter un peu le montage. Mais à part des gros faits de jeu, je savais pas trop comment j'allais organiser ça. Mais au début c'était comme ça, après ça a changé ou c'est toujours resté un petit peu comme ça pour toi? Alors après un peu comme dans tout je pense que quand tu trouves des cocktails qui marchent, tu as des biais un peu comme ça, tu sais qu'ils fonctionnent et puis tu les utilises mais c'est à double tranchant parce que peut-être finalement tu es juste en train de te répéter puis de raconter la même histoire qu'il y a deux mais après bon ça reste un match de hockey c'est difficile aussi d'innover tout le temps mais je pense que j'ai toujours eu un côté où je me disais je sais pas trop ce que ça va donner puis quand je revois une image une image tu te dis putain mais ce plan il est trop cool mais alors qu'est ce qu'on peut raconter puis tu commences comme ça à rassembler le puzzle en sachant que moi en général je faisais les montages le soir tout de suite avant le match donc on parle pas d'un laps de temps de trois semaines pour raconter ton histoire on parle de trois quatre heures pour monter deux minutes ou... C'est intense quand même. Ouais c'est clair et puis là en fait je me remémore un peu cette période là et avec le hockey j'avais beaucoup de mal au début parce que déjà on est limité des endroits d'où on peut filmer et on avait les images télé On avait le DVD à la fin du match On avait le GVD, putain ça remonte On devait attendre le DVD dans le bureau de Louis Matt Qui veut dire nous l'amener C'était toujours un moment très inconfortable d'aller dans le bureau et d'attendre le DVD surtout après une décède. Là Louis fallait pas l'emmerder et ça lui faisait très très chier de nous donner ce DVD. Ouais bon après on a... c'était aussi ce que j'ai aimé dans ces années au GSHC c'est que ces personnages en fait c'était des personnalités assez... assez fortes. Assez fortes. Atypiques. Tu rencontres pas des mecs comme ça dans la vie de tous les jours. C'est des mecs de séries. C'est amplifié. J'ai eu ça au hockey beaucoup, des situations où j'avais l'impression d'être dans un film. Mais ce qu'il y a, c'est qu'en même temps, ces mecs-là, tu les rencontres dans des émotions tellement fortes qu'eux vivent, que tu rencontres pas d'autres humains, même au travail, tu commences pas à hurler parce que t'es frustré. Dans le sport, c'est normal. Si on te fait ça au travail, c'est grave, si on commence à hurler tous les noms parce que t'as fait quelque chose de faux. Ouais, ouais. Et donc, forcément, ça donne un peu des auras et puis des... Ouais, des profils de personnes complètement fous, mais parce qu'en fait, ils sont dans des états extrêmes. Oui, ils sont dans des états extrêmes et c'est presque des caricatures. Je regarde par exemple Max Orley quand il le voit sur le banc, tu peux juste le regarder tout un match et c'est divertissant parce que tu vois toutes les émotions, toutes les mimiques qu'il a sur son visage. Il y a plein d'autres choses qui se passent dans son cerveau pendant le match. C'est extrême. Et ça c'était vraiment cool au hockey, c'était de pouvoir capter ces moments d'intensité extrême sur la glace ou sur le banc. Un des endroits, quand on filmait la glace, il y avait le plexiglas oui donc on avait une... tout le tour ouais tout le tour ouais mais c'est... ouais tout le tour ouais mais c'est vrai que des... dans les coins qui sont arrondis en hockey ça donnait une perspective assez... assez générale et assez belle oui et aussi il y avait beaucoup de body check ouais ah d'ailleurs c'est ça que je voulais te poser comme question tu te souviens de la première fois que t'étais en train de filmer du hockey et que le poc est arrivé devant le plexiglas est-ce que tu as sursauté? Dans ma direction? Ouais. Ouais ouais, mais je pense que j'ai sursauté même après des années je crois. Ah ouais? Ouais, parce que ça te surprend tout le temps. Ouais ouais. Enfin, et puis ça arrive avec pas mal de violence quoi. Moi la première fois, j'ai sursauté comme un malade. Et les photographes à côté ils se sont marrés. Ils se sont éclatés. Genre, ah ouais, le nouveau quoi. Alors je me souviens avoir eu peur mais je me souviens pas de réaction forte comme ça. Mais je sais plus si c'est toi qui m'as dit ça ou Bram mais que les joueurs quand ils s'échauffaient et qu'ils nous voyaient en train de filmer derrière ils nous visaient apparemment. Ah non? Ouais faudrait que je demande à Bram. Mais apparemment ils nous voyaient derrière les plexiglas et puis ils visaient leur tir sur nous. Oh la la, aucune idée. Mais ouais, et puis nous on portait pas, toi t'as jamais porté de casque? Ah mec j'étais pris, moi je me suis pris un Puck sur la tête à Zurich. Oh j'avais totalement oublié. Et malgré ça, je n'ai pas porté de casque après. Ouais. mais ouais effectivement quand on était à Zurich en playoff je sais plus quelle année j'étais derrière un plexi donc je m'attendais pas à pouvoir être touché par un pok et puis je l'ai pas reçu de plein foie je l'ai reçu après un rebond mais même après un rebond t'as déjà touché un pok tu vois le poids qu'il a déjà seul il a rebondi sur une barre en métal en hauteur puis il est venu me taper la tête ça m'a pas mal surpris parce que comme le pok était parti en hauteur un peu hors de la glace je ne l'ai pas suivi parce que je savais qu'il était hors du jeu et du coup j'ai eu en fait exactement la même sensation que si on vient par derrière et qu'on te donne un coup de poing tu l'as pas vu venir. J'ai pas compris d'où ça venait et d'un coup j'ai été sonné en fait. J'ai même pas compris que c'était un Puck. Et puis on était à Zurich. Tu t'es pris le Puck. Ouais et la première personne qui vient vers moi c'est une nana de la sécurité de la patinoire de Zurich qui me parle en allemand je comprends rien. Je me dis putain mais qu'est ce qui m'est arrivé je comprends rien ce qu'elle me dit cette nana je sais pas ce qui m'est arrivé. Après je vois le poc par terre. Je me dis que j'ai reçu le poc. Mais ce n'était pas grave. Mais tu es avec quand même. Il y avait le médecin du club qui voyageait pendant les déplacements de l'équipe. Il m'a pris en charge, il m'a dit de pas m'endormir pendant le retour dans le car à Genève. Ouais, il y avait une commotion mais finalement rien de grave. L'équipe de vidéastes de GSHC TV, il y avait moi qui était un peu le... à cette époque là un peu le gérant, le team lead. J'organisais un peu les tournages, les plannings, mais après en terme de vidéo on était tous égaux. Il y avait toi, ensuite Bram. Bram il est venu dans un second temps. Au début il y a eu toi, moi, Olivier. Oui et Olivier Ritterzor qui avait été le vidéaste pendant 7 ans et puis qui est resté dans l'équipe et donc on se partageait le travail à quatre, ce qui était très bien parce que ça offrait de la diversité un petit peu dans la manière de travailler du jeu. Il y avait des styles différents. Le fait que je sois moitié américain, c'était souvent avec les nord-américains que je connectais assez facilement parce que voilà dans une équipe il y a quoi il ya cinq joueurs étrangers il y a une limite je crois de... Oui, après il y a les suisse allemands, il y a donc en étrangers langues... Non mais... Les suisse allemands sont des étrangers, pas Gary? Non je vois ce que tu veux dire. Non mais alors ça c'est méga intéressant parce que ça parle allemand, anglais, français, québécois, même des fois tchèque. Oui, mais c'est ça que je voulais dire, c'est les non francophones en fait. Mais en termes de joueurs, nationalités... Parce que du coup la deuxième langue, évidemment les jaunes voix parlent français entre eux, mais la deuxième langue d'investisseurs de hockey c'est l'anglais. C'est même la première langue. Parce que ça dépend, l'entraîneur c'était Max Orley donc il parlait pas français, il parlait anglais. Mais oui, il y avait ces joueurs nord-américains et souvent les nouveaux en fait ils connaissaient pas grand monde donc c'était plus facile de les approcher. Mais je pense qu'il fallait avoir un peu... Les avoir dans la poche un peu. Et aussi c'était une fois qu'on faisait les montages vidéo et qu'ils voyaient le travail. Pour moi ça a pris quelques vidéos mais après j'ai été de mieux en mieux accepté. J'avais des bonnes relations à cette époque surtout avec les jeunes voix, Iglesias, Jacques Merle. Moi j'adorais ce duo. Je pense qu'il faut aussi avoir une certaine sensibilité pour rentrer dans un vestiaire parce que tu rentres dans un monde, c'est un sacré monde un vestiaire. Et puis c'est une équipe de hockey, ils sont pas 12, ils sont 25 dans le vestiaire. Donc il faut réussir à être là, capter les moments, essayer de pas être trop visible même si c'est un mec avec une caméra, ça fait chier. En fait tu rentres vraiment dans une intimité, tu rentres dans une famille. Je pense que dans toutes mes expériences de vidéaste, le vestiaire du GSHC de hockey est un des endroits les plus intimidants mais en même temps il y a juste, il se passe tellement de choses. Il y a une vie qui se passe là dedans. Et j'étais là, j'étais wow. C'est une fourmilière là dedans. Hallucinant, hallucinant tout ce qui se passe et nous on devait se cacher enfin en plus les équipements de Keyor c'est tout un truc, c'est massif et on devait se mettre dans un coin avec notre caméra et faire attention de... il y a cette fameuse règle il y a le... le cercle, les cuissons du club au sol Il y a le logo du club mais il y a aussi la patinoire Le coach donne les indications sur le tapis genre là, là, là, tu vas là, tu vas là, tu vas là Mais au centre, il y a le logo du club Il y a le grand logo du Genève Servette et celui-là, il y a interdiction de le piétiner Et ça, je le savais pas Et je crois pas que je l'ai piétiné mais j'étais pas loin. Ok. Mais tu sais, mais je crois qu'il y avait un gage si tu le piétinais. Je crois que tu fallait donner une mille balles ou un truc. Ah putain, on avait pas les mêmes valeurs que toi. Non, non, peut-être 100, je sais pas. Ce qui est particulier, mais je pense c'est vraiment propre, alors c'est propre à tous les sports, mais c'est que être exposé ça fait partie de leur travail et puis ils en sont conscients plus ou moins, il y a des dérapages de temps en temps. Mais nous, on était les seuls à être autorisés, le seul média à être autorisé à entrer dans le vestiaire. Et puis là, c'est beaucoup plus sensible parce que tu rentres dans le seul endroit où personne ne va venir les déranger. Donc, il y a un truc qui est très fin dans la confiance qu'il faut gagner de l'équipe, de les convaincre que tu ne vas jamais les mettre en porte à faux parce que tu peux avec les images que tu filmes dans un vestiaire, tu peux faire des sacrés dégâts. Il y a des choses qui se disent, il y a des choses qu'on voit et c'est très sensible parce que c'est le seul endroit où eux sont en sécurité. Et toi, tu es quand même un vecteur d'insécurité. C'est pas la même chose de les filmer sur la glace, parce que là ils savent très bien qu'ils sont exposés, qu'il y a 50 000 objectifs braqués sur eux, que dans le vestiaire. Et ça, ça rend l'exercice hyper sensible et du coup, il faut avoir cette sensibilité pour les filmer. D'ailleurs, une petite anecdote, un de mes premiers tournages, c'était le calendrier nu du Joueur FHC. Mais c'était vraiment un de mes premiers, je crois que c'était le troisième tournage. Donc je me retrouve avec cette équipe de hockeyeurs nus que je suis en train de filmer. Et là, j'ai Goran Vezina qui est le capitaine de l'équipe, qui est le joueur le plus intimidant. D'ailleurs, j'ai un pote qui a joué contre lui, il me disait, mais Goran, dans sa jeunesse mais le mec tu le touchais pas parce que on avait tous peur de lui et le mec c'est une montagne. Il impose, il impose. Mais là donc et puis donc je filmais mais j'essayais de trouver, tu vois je faisais du flou j'essayais de filmer, j'essayais de faire ça un peu artistique mais punaise c'était compliqué parce qu'ils étaient vraiment nus et ou alors en string c'est le calendrier nu et là je suis en train de filmer Goran Bezina et il me regarde et il me dit si tu mets ça sur internet je te casse la gueule. Et là je me marre et les autres joueurs se marrent et puis il me dit je suis sérieux non mais je te conne pas je suis sérieux je te casse la gueule. Et en fait, ce premier contact a été vachement intimisant. Mais Goran, c'était aussi un des premiers, c'était aussi un qui faisait les interviews dans les moments où personne ne voulait se faire interpeller. Oui, c'est lui qui s'y collait. Il s'y collait et il le faisait de manière très pro. Finalement, je me rends compte que j'ai ce souvenir collectif. Et après, quand on discute, je vais penser « Ah oui, tu te souviens de ce match ou de cette personne. J'ai beaucoup aimé quand on suivait les joueurs de hockey, quand on faisait le match d'or. Ça j'ai beaucoup aimé. Ouais ça c'était cool. C'était génial parce qu'on suivait un joueur en immersion mais après on était assez libre dans la manière de le faire. Ouais après de nouveau chacun le faisait à sa sauce avec son approche, sa lecture du truc, la tournure du match aussi. Moi je me souviens qu'il y a un match suivait... putain je sais plus comment il s'appelle... un défenseur assez jeune et puis il marque deux goals. Wow! Putain... Il faut te filmer plus souvent toi. Donc là forcément t'as une vidéo cool quoi, le gars il a fait plus que le job ouais j'avais fait un gardien base, comment il s'appelle? ouais ouais ouais et là je me disais mais j'espère qu'il va avoir un bon match ouais il se fera un 4-0 super quoi ouais et puis il a fait un super bon match c'était un de mes préférés d'ailleurs celui là j'avais du mal à le monter parce que je voulais tout laisser dedans je crois qu'il faisait 6 minutes tu te souviens de ça? d'ailleurs vous vous moquiez toujours de moi parce que mes vidéos devenaient de plus en plus longues. Non, moi j'ai tout oublié putain. Il y avait ce truc où moi j'ai... mais ça c'est constant dans ma vie, j'ai toujours poussé, regarde mon podcast, c'est en fait... Ça va être à chaque fois partie 1, partie 2, partie 3. Moi je trouve que ça a été une super école pour moi. Parce que tu filmes, tu peux en tout cas potentiellement, c'est vrai qu'on avait un roulement entre nous, mais tu peux potentiellement filmer deux matchs par semaine. C'est long, tu as carte blanche, il faut essayer de créer et il y a l'exercice du temps de montage ultra court dans la nuit. Tu es fatigué de ton match, mais tu dois trouver des idées rapidement. C'est une sacrée école. Moi, ça m'a énormément appris. Oui, moi aussi. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai pas pu le faire à temps plein parce que c'était trop. C'est trop. De travailler là-bas, si t'es pas passionné, c'est difficile. Même les gens du bureau. Oui, c'est ce que j'allais dire. Les gens du bureau, c'est des gens passionnés. Du secrétariat à la direction, c'est des gens qui sont complètement dévoués à la tâche. Par exemple, moi je n'étais pas passionné quand je suis venu du hockey, je ne connaissais pas trop. Tu t'attaches et un truc… mais de nouveau parce que finalement tu vis des émotions. Je pense que c'est la même chose quand tu fais ta vidéo, tu essaies de faire en sorte qu'elle génère une émotion pour qu'on avait là cette carte magique qui nous permettait d'entrer dans toutes les entrailles de la patinoire et ben tu connectes des émotions avec ça. Même les gens qui travaillaient là-bas les gens que tu as côtoyés là-bas moi il y en a plein pour qui j'ai une affection particulière même c'est des gens qu'en réalité je connais pas vraiment. Même les cheers mine de rien, tu salues des sourires. Il y avait ce sentiment d'appartenance. C'est ce qu'ils ont su créer au Genève Servette, c'est une famille. Je sais plus combien ils ont 300 bénévoles par soir de match à l'époque. C'est une armée de bénévoles qui sont là. Je sais plus les chiffres peut-être que je dis une bêtise mais il y a des jeunes, des la sécurité, enfin c'est plein de gens qui faisaient en sorte que cet événement fonctionne. Est-ce que toi comme ça de tête il y a soit des vidéos ou un tournage ou un échange dans ce métier là qui t'a particulièrement touché? Au hockey? Alors peut-être d'abord au hockey et puis après de manière générale. Peut-être pas. Là j'arrive pas à en sortir du haut comme ça. Il y a un attachement en tout cas global, particulier. Je crois que ce que j'aime beaucoup avec ce métier c'est les rencontres que je peux humain qu'il y a là-dedans. J'ai pu avoir des expériences fortes de travail, d'équipe, ça a été plus sur des projets de type fiction, une configuration plutôt avec un réalisateur qui essaye de driver un comédien et puis de le faire arriver à quelque chose que lui cherche. Une campagne contre le suicide pour laquelle j'ai travaillé, le suicide des jeunes de Victor Costa, qui a été très marquante et qui est encore marquante aujourd'hui quand je la vois. Là il y a des phénomènes un peu comme ça de groupe, d'équipe. J'ai travaillé avec Fred de mi-fiction, mi-doc, mi-impro. Et là c'était avec des jeunes de Lausanne qui se rendaient à Cannes pour présenter leur scénario à des producteurs qui se promèneraient sur la croisette et puis il arrive là toute une aventure à ces jeunes et pendant deux semaines ils vont se déplacer pour aller dans le sud de la France mais il y a des étapes. Et puis là, c'est un film qui s'est fait à l'huile de coude. Je crois que c'est le premier film que Fred auto-produisait. Il était un peu fâché avec les boîtes de production à ce moment-là de sa carrière. Il a décidé de le produire tout seul mais du coup ça impliquait de travailler avec des budgets relativement courts et puis c'était des grosses grosses journées de tournage. Moi je dormais pendant une semaine, dix jours qui a duré le tournage, je dormais dans le coffre du van où étaient entreposées caméras et matériel. Le reste de l'équipe était légé au camping donc on avait peur de se faire voler le matériel. Et moi ça m'arrangeait quelque part d'avoir mon intimité dans quelque chose de dur, de ne pas être dans une tente. Et là on avait des horaires assez durs parce qu'on se levait vers 7 heures et puis on finissait certaines journées de tournage vers 2 heures du matin. Donc c'était très intense. Mais là tu as quelque chose, je pense comme toutes les expériences qui sont intenses, qui lient les uns aux autres, il y a une forme de solidarité qui se crée. Ça me fait toujours penser un peu à ces trucs militaires, on a fait la guerre ensemble. Et forcément tu peux te voir 15 ans après et tu restes soudé. Toi et moi peut-être qu'on a eu ça aussi, il y avait des moments d'intensité avec le Genève-Cervettes et puis on se voit clairement pas tous les jours, si on se voit une fois par année c'est déjà bien mais je pense que quand on se voit on a une proximité qui existe ouais ouais et puis je suis d'accord avec ça et t'as peut-être oublié mais il y a eu un tournage qu'on a fait les deux moi qui m'a pas mal marqué tu te souviens c'était Ah ok, ok, on va se chercher dans le... Ouais, mais oui, le mariage à court total. À court total, le mariage à court total. Je crois que ça peut être le titre de cet épisode. En fait, c'était... Souvent dans la vidéo, quand on se lance, on... Enfin, c'est pas pour dénigrer, mais c'est vrai que c'est un petit peu le... les premiers pas souvent c'est les mariages. Après t'as des personnes, ça ça a changé parce que je pense qu'à l'époque... C'est un métier aujourd'hui. Maintenant c'est un métier. C'est un métier à part entière. En fait maintenant c'est un métier qui rafforce pas mal de thunes. Je pense ouais parce qu'ils ont requis quatre mois de mariage, quatre cinq mois de mariage, après ils font des montages en hiver. Ouais et puis ce qui se passe maintenant en fait c'est que c'est tellement bien produit, enfin c'est devenu tellement artistique, c'est plus l'oncle bourré qui filme le mariage en VHS, c'est là vraiment on a genre wow une production incroyable et donc c'est un métier... c'est un fait marquant. Il y a beaucoup d'argent qui est dépensé et donc la vidéo doit être à la hauteur de l'événement. La pression de filmer un mariage et de monter un mariage, moi j'en suis encore un peu terrorisé. Ouais moi j'aime pas du tout ça. Non, non, non. La seule fois que je l'ai fait c'est avec toi je crois. Euh, ouais mais alors celui-là c'était le meilleur souvenir. Parce que j'ai fait 4 mariages, euh, pas d'enterrement. C'est à ça que tu penses? Non, non, c'est à ça. Avant le mariage de courte hôtel, j'avais fait 3 mariages. Donc j'avais fait ce premier qui était épuisant, qui était une torture à monter mais je m'étais donné et puis à la fin je suis très très content du résultat mais ça a été une source de tension pas possible parce que le photographe me demandait la vidéo et puis moi j'étais là j'ai pas terminé, j'ai pas terminé, j'ai pas terminé et quand il l'a reçu il m'a dit putain j'ai chialé et maintenant je comprends pourquoi ça a pris autant de temps. Ok bon au moins elle est pas valable à perdre. Et le couple était super content. Ensuite j'ai fait deux mariages, je vais résumer, je ne vais pas aller dans les détails, mais je n'ai pas été super bien payé pour ces mariages. Et un jour je reçois, donc j'avais payé une pub dans le journal du mariage. Je crois, Mariages.ch, il n'y avait pas un portail comme ça, avec toutes les annuaires là? Oui, parce que j'avais un extrait du premier mariage que j'avais fait, que j'avais utilisé. C'est comme ça que le couple de Courte-Hôtel m'a contacté. Donc j'ai reçu un très gentil message de Sandra, m'indiquant qu'elle aimerait m'engager pour son mariage. Je lui ai parlé au téléphone et puis j'ai dit écoutez je suis vraiment désolé mais je fais plus de mariage parce que c'est une expérience traumatisante. Et en fait elle était tellement gentille et elle avait l'air tellement déçue et en fait quand je les ai rencontrés ils étaient tellement adorables et j'ai vraiment été touché par leur gentillesse et puis je veux pas dire simplicité parce que c'est pas le bon mot mais par leur... Enfin simplicité dans le sens, tu voyais que c'était avec des valeurs peut-être plus authentique, pas superficiel. Et puis après j'étais bon ok bon bah je dis oui puis je prends un deuxième cameraman. Et faut qu'on se table, je sais pas combien d'heures on a mis pour aller, y'avait des travaux partout. J'ai l'impression qu'on a mis 6 heures pour aller. Oui alors c'est, moi j'avais regardé sur une carte, en kilomètres c'est pas méga loin. Je sais pas 160 170 km mais c'est dans le Jura au fin fond de nulle part. C'est mal desservi, tu dois prendre des petites routes. Il y avait des travaux sur les autobus. En plus il y avait des travaux, ça nous avait pris je crois 3-4 heures. Pour résumer, Sandra était très nerveuse, tout à fait compréhensible, c'est son mariage. A l'opposé, son mec Teddy, je crois que Teddy c'était son surnom, mais mince, bon je vais le retrouver, mais on avait passé du temps avec lui, son frère et ses potes. relax au possible. Ouais relax au possible quoi, ils vivaient leur meilleure vie et puis très heureux de ce qu'ils attendaient aussi mais il y avait quand même un contraste de la nervosité et puis de l'aisance en tant que caméraman c'est compliqué parce que forcément on filme ce qu'on voit donc Donc, très belle mariée, mais très nerveuse. Et cette inquiétude se voyait sur les yeux. Ouais, c'est trop perceptible. Les choses sont allées de mieux en mieux. On a capturé des bons moments et tout à coup c'était la gentillesse des gens pour moi qui était... Ça je m'en souviens. Wow! Toutes les personnes. Même le... Tous en fait. Tout le monde, tout le monde était super sympa avec nous, ils nous ont accueillis... bah en fait comme si on était des invités du mariage. C'est là où je voulais en venir. Alors qu'ils payaient pour qu'on soit là. Ils ont payé le bon tarif, enfin le bon tarif, ils ont payé le prix que j'ai demandé, sans négocier. Et tout en sachant que c'était une somme importante pour eux, c'était une des conditions que, en fait, quand je faisais ces mariages, c'est de dire il faut qu'on soit nourri et qu'on ne soit pas mis à l'écart. On doit être à un endroit où on peut voir tout ce qui se passe. Pour pouvoir réagir. Voilà. Ce serait dommage de rater. Et ils avaient dit aucun problème. Et donc on était à une table... Mais avec leur famille! On était avec la tante ou... Je crois qu'il y avait le prêtre, non? Il y avait un pasteur... Et c'était tellement... Ils nous posaient plein de questions, on était les Jeunes Voix! On était des extraterrestres! Et donc il y avait le même repas qu'eux mangeaient. Exactement et qui était excellent. Et ça en général ça se fait pas mais le repas que les invités mangent il est cher donc peut-être tu fais un repas moins cher pour le staff. Tu fais une version là et t'en es déjà arrivé. Et ça c'est vachement agréable. On avait le vin, on était des invités en fait. On était traités comme des invités, non seulement dans les conditions, mais aussi dans les rapports avec les gens. Ils ne nous ont pas pris de haut, ils nous considéraient simplement. Et je crois qu'on a fini par faire un peu la fête avec. Mais oui, mais en fait... On a bu des coups. Alors oui, oui, alors avant ça, pour moi c'était une masterclass... Alors à l'époque c'est marrant parce que le mot maintenant il est parfait, il est surutilisé, masterclass, mais là c'était une masterclass de discours de mariage. Ah purée, mais ça tu vois moi je les ai plus. C'était deux minutes en main le discours. Ok. Mais max deux minutes. C'était d'une justesse incroyable. Ça venait du cœur, c'était très naturel, il y avait de l'humour et en fait. Et en fait après il est parti dans l'émotionnel. Mais je me souviens que toi et moi on s'est... Même là dans le film parlé... Ah ouais, tu l'as... Ouais alors faut que je retrouve. Mais toi et moi on s'est regardé à ce moment là. Et en fait tout le monde a commencé à pleurer. Sandra je me souviens... Tout le monde a commencé à pleurer parce que c'était... Il a réussi à faire ressentir le lien qui existe entre eux quoi. Oui. A tout le monde. C'était... ouais c'est ça. Et en si peu de temps. Moi c'est ce qui m'a frappé, surtout que le mariage d'avant il y avait des discours interminables. Dans une langue que ne comprenaient pas 95% des gens qui étaient présents. Avec des... Private jokes. Ah ah ah ah ah, tu vois les gens. private jokes Et puis il y a eu ce moment en fait où donc on filme et dans un mariage c'est des longues journées c'est des super longues journées d'ailleurs celle là était très longue je me souviens mais elle était très longue mais tout à coup on était en train de filmer les gens qui dansent là ça commence à boire et qu'est ce que tu te souviens de ce qui s'est passé bah on s'est mis une mine. Grossièrement. Oui mais on s'est mis une mine parce qu'ils nous ont fait boire. Ah oui oui, ils voulaient qu'on boive avec eux. On était comme des coups de poing quoi. Ils nous forcèrent à boire avec eux. Moi je me souviens que toi tu conduisais encore parce qu'on devait retourner à l'hôtel et tout ça. Ouais, dans la cata. Ouais, j'étais pas en état je crois. Et le lendemain on avait une bonne gueule de boire comme ça, c'est qu'on faisait partie de l'équipe quoi. Ouais, et puis ils avaient dit, allez Pacari, Brian, maintenant vous dansez avec nous. Ouais, ça suffit les caméras. Lâchez les caméras. La classe. Ouais, ça c'était cool. Et je me suis pris une barfe en fait. C'est... D'extérieur tu te dis, ah ouais, des jurassiens, enfin voilà. Bah tu pourrais voir le côté snob, je te vois. Le snobisme, je te vois, total. C'est des pouilleux, ils comprennent rien, on va leur apprendre. Et ensuite, ben, leur parler déjà, bonne impression, ensuite de les rencontrer, waouh, et puis ensuite d'être accueilli. Ouais, non non, c'était classe ça, c'était un beau souvenir, mais je me souviens que le lendemain, le retour, on avait dormi à l'hôtel. Non mais mec, on a dormi une heure. Une heure, montre en main. Parce que t'avais un tournage au hockey ah au hockey? oui, tu avais un tournage au hockey ah putain ta mémoire est bonne et c'était genre 10h du mat' un truc du genre et c'était un peu la condition c'était que on soit de retour et là on roule dans la mauvaise direction enfin je roule, dans la mauvaise direction du coup je vois des petits ports entre hui, et à un moment donné on était presque en France. Ah putain... J'étais là mais c'est pas possible... C'est pas possible! On est enfermé dans le Jura! Ça nous a pris une éternité à rentrer, je t'ai déposé et puis t'as... J'ai enchaîné un autre tournage. Ouais, ouais. Putain alors ça c'est une autre époque, je ferais plus du tout aujourd'hui ça. Ceux avec qui j'ai établi les plus longues relations professionnelles, j'ai la chance d'avoir beaucoup de clients réguliers et récurrents. Je pense que je délivre un travail correct qui est valable. Je ne pense pas être forcément le meilleur vidéaste de l'histoire de la vidéo pour que mes clients restent, mais je pense qu'il y a une grande dimension humaine et affectueuse qui fait que tu as créé un lien de confiance. Je pense qu'une bonne partie de ma clientèle doit rester pour ça parce qu'on a développé des liens sincères et authentiques. J'ai compris, je crois avec le temps maintenant, que j'ai besoin de me sentir en confiance, en sécurité pour délivrer un travail qui soit valable et même ne serait-ce que pour m'investir simplement. Je n'arrive pas à exécuter la tâche pour exécuter la tâche. Ça, je pense que c'est quelque chose qui me vient maintenant. J'ai un petit peu de recul sur les choses et je peux essayer d'analyser un peu. Je pense que c'est quelque chose qui me vient de très très loin, mais même de l'école. Je n'ai pas réussi à étudier si je n'avais pas un lien spécial avec le prof. Quand c'était déconnecté, il ne se passe rien, je ne travaille pas. Et celui qui arrive à me choper d'une manière ou d'une autre, à capter mon attention ou à démontrer une affection ou quelque chose, et bien là je pouvais être le meilleur élève de la classe. Mais il y a un truc comme ça où j'ai l'impression que je fonctionne à ça, je fonctionne à l'affection. C'est marrant parce que c'est vrai que moi je me retrouve dans ce que tu dis. C'est cool que tu en parles parce que par la suite, je suis allé travailler au comité olympique, au CIO, donc j'avais des anciens clients qui m'appelaient parfois pour des mandats. Mais comme j'étais salarié au CEO, je ne pouvais plus les prendre. Et en fonction des mandats, je réfléchissais au profil le plus adapté. C'est de réfléchir à ce que ça va bien se passer avec ce mandataire, de ce qu'il a besoin. Et en fait, je dirais que déjà je trouve que tu es très valentieux et aussi j'ai vu l'évolution de ton travail parce que c'est vrai que quand tu as commencé tu étais très vert donc je voyais qu'il y avait du potentiel mais c'était cool de voir finalement que ton empreinte, c'était cool de voir ce développement en fait. Une des raisons pourquoi je t'ai recommandé sur pas mal de boulots, j'espère pas à tort dans certains cas. Enfin pour toi, pour le client, je sais qu'ils étaient contents. Mais ils ont refait un appel à toi, c'est un gage de qualité. En anglais, tu dis dependable, c'est que tu es… on peut compter sur toi en fait. C'est juste fiable, mais c'est plus que fiable. En fait, si on me demandait, il nous faut quelqu'un pour faire ça, ça, ça, ça, de regarder différentes compétences. Polyvalent et fiable. Oui, il y a fiable et polyvalent, mais il y a aussi, en fait, c'est des fois avec des clients peut-être un peu compliqués, que tu pouvais trouver une solution. Et finalement quand je regarde un peu ton parcours, Bram et moi, on a arrêté notre activité. Moi en tout cas c'est parce que j'ai trouvé du travail ailleurs, mais c'est aussi parce que j'ai arrivé à un stade où j'ai eu un enfant et l'activité de vidéaste indépendant à son compte et tout ce que ça amène, j'arrivais plus à gérer. Ouais. Ça, c'est parce que ça amène son lot d'insécurité, ça amène son lot de stress, de période de feu, de période de creux. On a eu nos enfants en même temps. Ouais. Mais on avait 10 ans de différence. Ouais. Donc... Ouais, t'avais 27 ans. Moi j'avais 27 ans quand l'aîné a l'aîné. Je sais pas si je pourrais... comment expliquer... j'ai l'impression que toi tu me parlais de tes stress, de tes inquiétudes diverses. Après il y a une nature qui est plus ou moins anxieuse, ça se comprend pour chacun. Moi, je vivais un peu les mêmes inquiétudes, mais moins fort. Et je me suis demandé maintenant, avec le recul, si c'est parce que j'avais 10 ans de moins et que si je devais aller vivre aujourd'hui ces inquiétudes, que je les aurais en fait vécues tout aussi fort que toi, mais parce que tu as un autre âge, parce que tu es plus âgé, parce que peut-être quand tu es plus jeune, tu es plus juste. Ok, on verra, ça va aller. Et puis en vieillissant, je ne sais pas, c'est des pensées. Je pense qu'il y a un petit peu des différents éléments. C'est un ensemble de choses. Ça, c'est peut-être un facteur en effet. Après, clairement, moi je suis nature anxieuse. naturellement, et après il y a un truc assez fondamental, le management du temps en fait. C'est que Bram et moi on se laissait bouffer par des montages et par des détails. Et je ne veux pas dire que toi tu ne fais pas attention aux détails, mais toi tu as... Des fois il faut trancher. Et ça c'est aussi quelque chose que Olivier faisait très bien, on était très impressionné par ta faculté de, quand tu avais un mandat, de mettre un prix sur le mandat et d'être très au clair sur le temps que ça va prendre et ce que tu vas délivrer et de ne pas te laisser bouffer par ce projet-là tout en faisant le job. Oui, c'est une réflexion, c'est un exercice... alors je pense que plein de fois je me suis fait avoir à sous-estimer le temps de travail nécessaire. Puis en fait c'est juste, je pense, le souci de la perfection, mais elle existe pas. Et puis tu peux la chercher indéfiniment cette putain de perfection, à vouloir retravailler finalement des trucs que personne ne va voir, par un oeil super aiguisé peut-être. C'est à la fois une qualité d'avoir ce souci de perfection, mais à la fois il peut te jouer des tours et puis t'empoisonner la vie en fait, parce que tu recherches un idéal qu'il n'y aura pas et que peut-être même personne ne verra. Tu auras passé des heures... Et moi, je pense que c'est ce côté un peu... Il faut que je sois payé pour ça. Donc si tu veux que je travaille 3 semaines sur des détails, et bah... Paye-moi 3 semaines pour des détails. Personne ne va te payer 3 semaines pour des détails. Mais c'est fou parce que t'es plus jeune que nous et en fait, je me souviens que Bram et moi on était mais putain, c'est pas qu'Ari qui s'en sort le mieux. C'est pas qu'Ari qui négocie pas et qui dit c'est ça le prix et tu fais le job et tu le fais bien mais tu vas pas te laisser avoir quoi. Laisser le compromis en fait. De dire dans l'abse de temps que j'ai eu, bah j'ai fait ce que je pouvais. Ouais. Et peut-être que si tu me donnes trois fois plus de temps, bah ce sera un autre résultat mais il faut qu'il y ait ce truc où ça doit être en adéquation ce que tu gagnes et le temps que tu y passes. Ouais. Facile à dire. Non mais là maintenant ça fait… J'ai tout le temps peur quand j'en vois un demi. Ouais mais ça fait combien de temps maintenant? Ça fait dix ans, onze ans. Chapeau mec. Non mais franchement c'est vraiment un respect. Merci. Trois filles, j'imagine c'est pas facile tous les jours. Peut-être quels sont les challenges en fait là dessus? Moi je... Bah déjà, non enfin excuse-moi. D'abord peut-être, est-ce que tu as conscience quand même de ça et que tu es fier et que tu le reconnais? Je pense que j'ai un gros souci avec l'estime je pense de moi, de mon travail. Je suis plutôt quelqu'un qui est bien dans ses baskets, qui peut discuter, qui peut… Après sur l'aspect professionnel, c'est plus difficile pour moi, je suis beaucoup moins en sécurité. J'ai du mal à reconnaître que je peux faire des choses bien, même encore aujourd'hui, mon travail, je le trouve quasi systématiquement mauvais même si j'arrive à trancher, dire maintenant c'est terminé, je rends. J'ai l'impression que je vaux jamais le prix que je facture. J'ai des retours qui me disent « tes prix ils sont cool, ne sois pas trop cher ». J'ai peur d'aller trop haut et de me dire« bah tiens je vaux pas ça ». Alors que j'ai que des retours positifs. J'ai posté il y a quelques jours sur LinkedIn en disant que ça fait 2 ans, 3 ans maintenant que j'enseigne au niveau universitaire alors que moi-même, je n'ai jamais mis les pieds à l'université, je n'ai pas fait de longues études. Du coup, il y a tout un truc de « tu viens me demander de donner des cours dans ton école? » Le syndrome de l'imposteur. Pour moi c'est fort ce syndrome. J'ai trop souvent appelé syndrome de l'imposteur sans savoir ce que c'était. Et en fait c'est juste un manque de confiance. Et je pense que si tu prends... déjà si tu le nommes, tu peux commencer à travailler dessus, à essayer de l'identifier, de le désamorcer, de comprendre d'où il vient. Alors c'est une quête. Je pense qu'on devrait simplement l'identifier plus vite. Pas le syndrome de l'imposteur, c'est presque romantique comme truc. Oui, oui, oui. Le syndrome de l'imposteur. Le syndrome de l'imposteur. Non, t'as pas confiance en toi. Ça c'est des expériences qui devraient te faire dire, ah bah tiens, viens me chercher pour ça. Visiblement, j'ai acquis un domaine d'expertise que je peux transmettre, même à des gens académiquement plus élevés que moi. Mais là, sur ce point, j'ai acquis suffisamment de connaissances et essayer de transmettre quelque chose. Et ça c'est des indices qui devraient te dire, hé, crois en toi un peu, c'est pas mal ce que tu as fait. Ou d'avoir des clients réguliers, ou que ça fasse 10 ans que tu fais la même activité et puis t'es pas mort, tu continues, tu existes. Je savais pas que tu étais aussi dur avec toi-même. Il faut que je le résolve parce que ça commence à être de plus en plus dur à vivre donc il va falloir que je trouve une solution. Parce que ça affecte ta santé mentale? Oui, ça te met en insécurité. Si tu es en insécurité, tu fais une offre, c'est dur à manager, on te fait un feedback, tu le reçois peut-être pas de la bonne manière, quelqu'un te dit quelque chose et tu surinterprètes beaucoup parce que t'es en train de faire une lecture de ce qu'il pourrait croire parce que toi-même tu crois que c'est pas bien. En fait tu rentres dans un truc complètement nocif, qui fait du mal. Mais des fois j'essaye de me dire aussi, ouvre les yeux et regarde, lui il te fait un compliment. Prends-le. Il a rien à gagner à te faire un compliment. Je pense que j'ai pendant longtemps donné le change. Il y a beaucoup de gens qui me disaient mais je pensais pas que tu pouvais avoir un manque de confiance en toi parce que je pense que je dégage quelque chose de plus serein que ce que je vis. Alors je trouve que tu... en fait des fois c'est plus en anglais que ça me dit un level headed, c'est à dire c'est rassurant aussi. En tout cas moi c'est comme ça que je le percevais. Je sais que je donne le nom de pas carré puis que je dois pas m'inquiéter. Et ça c'est une... franchement c'est rare. Des fois t'as une personne en tête c'est genre oui mais... Ouais ouais ouais t'es pas sûr que ça va bien se passer ou que ça va suivre... ça c'est... ouais mais... Et je me mettrais dans cette catégorie là. Mais ouais c'est un sacré exercice mine de rien d'être indépendant tout ce temps quoi. Non, bravo quoi. Ta manière de faire a fait que tu vis de ça et que ça fait plus de dix ans, t'as plein de clients et moi clairement en fait il y a cette facette là qui n'était pas compatible et ça m'a amené vers d'autres choses et des super expériences. Je suis ravi, je suis content d'où j'en suis maintenant. C'est des bouts de vie. Mais c'est vrai que des fois je retombe sur des vieux montages que j'ai faits et je regarde ça et je me dis mais t'étais taré. C'est genre... C'est trop. C'est trop. C'est trop et puis c'est trop dans tous les sens du terme. C'est de se dire mais... Alors des fois je suis agréablement surpris, je me dis putain je me suis investi, je suis content mais la plupart du temps je me dis mais t'es taré mec, pourquoi t'as pris autant de temps? C'est la passion. C'est la passion. Bon il nous reste plus qu'à prendre une photo. Très bien. Et aussi je sais pas encore quel va être le titre de ce podcast, est-ce que tu as une idée? On va récapituler, j'ai le bon sens d'Axel, le défi de Mélodie, le monde de Sophie, la configuration de Christophe, je suis pas méga content de la configuration de Christophe, je pense que je peux trouver mieux mais... En tout cas ça évoque pas grand chose. Bon de toute manière c'est mon job de le faire mais c'est juste que je suis ouvert, si jamais tu penses à un truc... En fait on a parlé de choses quand même assez diverses. Ouais, on est allé dans tous les sens mais on est allé dans tous les sens mais il y a eu pas mal de fluidité, on est pas complètement parti en couille. J'ai envie de dire... Écoute, chacun ses problèmes. Moi je suis venu pour parler, toi tu vas trouver des noms. Ouais, mais est-ce que t'es content de cette expérience? C'est la première fois que... Ouais, c'est la première fois que je parle comme ça, avec un micro devant moi. Je pose souvent des micros aux gens que je dois filmer. Mais oui, c'est un exercice intéressant je trouve, aussi parce qu'il y a le temps et puis qu'on vit dans ce monde. Mais moi, même beaucoup dans mon travail où on crée du contenu pour l'immédiateté, il faut aller très très vite, il faut que le message passe vite. Et puis ce type de format, c'est un exercice où on a la possibilité de se tromper ou de réfléchir, de prendre le temps, de tâtonner, essayer d'espace de manière générale dans notre quotidien actuel où on a le temps de faire ça. Alors là on a pris le temps, on va manger un petit peu sur le sommeil mais c'est un exercice intéressant parce que mine de rien on y est moins confronté je pense actuellement. C'est vrai, c'est intéressant ce que tu dis parce que c'est peut-être aussi ça qui m'a amené vers ce média là en fait. Bon, paradoxalement, après il y a quand même ce truc où je monte quand même, mais on discutait de ça avant, c'est qu'il faut laisser le temps et pas essayer de complètement synthétiser tout, synthétiser et raccourcir. Non, parce qu'on dénature le sens. On dénature le sens. Il y a des réflexions des fois qui prennent du temps et puis il faut laisser le temps parce que ça donne des indices sur le propos, sur l'émotion, sur le ressenti et ça Alors on est dans une époque où on n'a plus le temps, il faut absolument faire vite et couper vite et les temps morts on standardise en fait. Donc voilà c'est un exercice intéressant mais je pensais avoir plus de difficultés finalement oh non tu as été méga méga fluide, la fluidité de Pakkari, on peut terminer là dessus, merci beaucoup Pakkari merci à toi merci beaucoup à bientôt à bientôt dans tous les sens. Persistez et gardez un plan.